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Les impacts psychologiques d’un AVC: une réalité méconnue

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Pour être en mesure d’épauler efficacement la personne victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC), les proches devront prendre en considération les impacts psychologiques de l’attaque cérébrale et s’attendre à ce que, pendant un certain temps, leurs vies familiale, interpersonnelle et professionnelle soient bouleversées.

En général, on définit un AVC comme un problème localisé de la circulation sanguine (par blocage ou par saignement) dans le cerveau. En plus de son lot de séquelles physiques, l’AVC entraîne souvent des manifestations ou changements au niveau de la communication, de la cognition, des émotions ou des comportements.

Troubles de la mémoire, troubles du langage, difficultés à se concentrer, à gérer ses affaires, à s’exprimer, à s’organiser ou à s’activer : la personne ayant subi un AVC expérimentera une série de handicaps pendant une période parfois brève, parfois plus longue.

D’une personne à l’autre, selon la gravité de l’AVC et les régions du cerveau affectées, ses conséquences seront plus ou moins sévères. La nature et l’importance des symptômes diffèrent aussi selon l’âge et l’état de santé de la victime, la localisation et l’étendue de l’AVC dans le cerveau, ainsi que de la rapidité de la prise en charge au moment de l’accident. Bien que l’attaque cérébrale puisse frapper des jeunes dans la fleur de l’âge et même des adolescents, elle touche surtout les personnes plus âgées.

Les modifications du comportement

Quand, du jour au lendemain, on perd la faculté de s’exprimer librement, celle de bouger, de se concentrer, il faut s’attendre à des répercussions sur nos émotions.

En plus de la gestion des émotions, les conséquences psychologiques d’un AVC peuvent affecter notre jugement social ou notre capacité à prendre des décisions éclairées. Ces changements vont de l’hyperémotivité à la grande désorganisation, en passant par le manque de pudeur, les troubles de régulation (contrôle) de l’humeur, ou encore le désintérêt et l’inconscience apparente.

Les proches ont parfois l’impression de ne plus reconnaître la personne avec laquelle ils vivaient. Il faut s’attendre à des changements de comportement dans les semaines, voire les mois suivant un AVC, et dans de telles circonstances, il est absolument normal de se sentir déconcerté.

Un pas à la fois

Une fois la personne stabilisée sur le plan médical, il existe de nombreuses méthodes de rééducation qui contribueront à atténuer ces symptômes. Et s’il ne se répare pas toujours complètement, rappelons que le cerveau possède par lui-même une capacité de récupération.

Pour l’entourage, il importe de comprendre ce qui arrive, d’agir avec bienveillance et de ne pas s’offenser des maladresses ou autres attitudes nouvelles de la part de celui ou celle dont le cerveau se retrouve abruptement atteint. Afin de retrouver une qualité de vie commune, il convient également de veiller à maintenir la communication en faisant preuve de créativité, au besoin, dans les sujets de conversation et dans la façon de communiquer si la personne éprouve des difficultés à s’exprimer ou à comprendre adéquatement. Dans la majorité des cas, la prise en charge par l’équipe interdisciplinaire en réadaptation peut grandement aider la personne de même que ses proches.

Au regard des difficultés de la cognition (capacité à retenir, à se concentrer, à s’organiser, a résoudre des problèmes par exemple), l’évaluation neuropsychologique de même que le soutien psychologique peuvent être précieux, tant pour la personne que pour les membres de sa famille. L’objectif de la réadaptation est ainsi d’apprendre à faire appel aux capacités préservées pour prendre la relève de celles qui demeurent affligées.

Pour la personne comme pour ses proches, il s’agit d’une épreuve qu’il leur faut apprendre à surmonter graduellement, un jour à la fois. Une fois l’aide apportée à la personne victime de l’AVC et ces différentes mesures mises en place, il faut bien sûr faire confiance au temps.