/opinion/blogs/columnists
Navigation

Les mots dits du samedi

Coup d'oeil sur cet article

Au pas, Fido !

Dans la chronique Corriger s’il y a lieu de samedi dernier, cette phrase pour le moins fautive : Adelbert marche son chien tous les vendredis midis.

1- Il marche son chien ? On peut marcher avec Fido, mais on ne peut pas « le marcher ». « Marcher le chien » est un anglicisme. C’est un emprunt, bouffon, à l’anglais to walk the dog. On dira qu’on promène le chien, qu’on marche avec le chien, qu’on le fait marcher ou que le chien nous fait marcher, à la rigueur. « Prendre une marche » est aussi un calque de l’anglais, précisément de la locution to take a walk. On peut faire une promenade, faire un tour ou simplement se promener. Marcher signifie bien sûr se déplacer en mettant un pied devant l’autre.

Mais contrairement à une croyance encore répandue, ce verbe veut aussi dire fonctionner en parlant d’un appareil, d’un organe (la radio marche toute la journée ; les reins de ce patient marchent bien) ; se déplacer en parlant d’un véhicule ; avoir de bons résultats et tendre vers un objectif (les affaires de Luce marchent bien ; elle marche vers l’indépendance financière).

2- Tous les vendredis midis ? Midi reste au singulier dans une expression comme « tous les vendredis midi ». Il est alors présumé que l’on veut dire tous les vendredis, à midi. Mais dit-on à midi ou ce midi ? Les deux, indifféremment. Enfin, comme minuit, le nom midi est masculin. On dit « à midi précis » ; « à minuit précis ».

Pas peur des minets

Je reconnaissais, récemment, dans cette chronique, que l’interjection ouch était tirée de l’anglais... ouch. Et qu’en français, il fallait plutôt dire et écrire aïe ou ouille.

Voici qu’une lectrice France B. se demande quand il est de mise d’utiliser wouah et wow et waouh. Ou wahou, waou, whaou, wahooo, aurait-elle pu ajouter.

Question presque existentielle qui nous rappelle que notre langue est truffée d’interjections et d’onomatopées. Vous, les (plus) vieux, vous souvenez-vous de Jacques Dutronc, sorte de rappeur avant le rap, qui soutenait « ne pas avoir peur des petits minets qui font leur ronron (ronronnement) au drugstore » (drugstore, traduction [sic] souvent parisienne et pour le moins littérale du mot anglais... drugstore) ?

Et pourquoi Dutronc n’avait-il pas peur des petits minets ? Parce que, disait-il, « j’ai un piège à fille, un joujou extra qui fait “crac boum hu” », mélange presque non vulgaire d’onomatopées. Mais c’était hier. Revenons à la question de notre lectrice : wouah, wow ou waouh ? Mon chien s’en tient à wouf ! Il crie aussi ouaf ! Et peut-être whouaf ! à l’occasion. Il le « dit », ne l’écrit pas. Mais c’est mon chien. Nous, les non-chiens, qu’écrit-on ? Wouah quand il pleut, waouh, les matins d’hiver et puis whaou les mardis ? Pourquoi pas wow ? Oui, oui, comme les anglophones. Et wow, c’est un palindrome, comme été, kayak, serres, sexes et nanan. Un anglicisme. Ai-je honte ?

Corriger s’il y a lieu

L’année fiscale et l’estimé des coûts sont à l’agenda de la réunion.

Les lettres mêlées

E S   E E E R R R C O Q U L L I V

Définition : Se replier, se rétracter

 

 

 

Réponses

Corriger s’il y a lieu : L’année financière et l’estimation des coûts sont à l’ordre du jour de la réunion. Les lettres mêlées : SE RECROQUEVILLER