/sports/golf
Navigation

Yohann Benson veut redonner au suivant

L’ex-cadet de la PGA aspire à guider la relève vers les hautes sphères du golf

Yohann Benson
Photo courtoisie Circuit Mackenzie, Allen McEachern Yohann Benson participe ce week-end à l’Omnium Mackenzie, au club Elm Ridge, de L’Île-Bizard.

Coup d'oeil sur cet article

Yohann Benson a tiré un trait sur sa vie de cadet sur le circuit de la PGA. Pour le mieux. Un geste assurant son avenir. Pas question de traîner un sac de golf jusqu’à l’âge de 65 ans. Il veut redonner au suivant.

Benson, 37 ans, n’a pas que trimballé les bâtons de Marc Hubbard, Russell Knox et cie depuis qu’il a mis les pieds dans le monde du golf. Il y a aussi joué en performant sur divers circuits en Amérique du Nord.

De retour au Québec cette année, il a retrouvé une certaine quiétude. Il a déniché un bon emploi d’adjoint au prestigieux club Laval-sur-le-Lac en plus de participer à des tournois au Québec et au Canada. À cela s’ajoutent ses talents d’enseignant et d’analyste de golf. Il s’amuse comme un poisson dans l’eau.

Terminée la vie de nomade en se déplaçant toutes les semaines dans les bleds perdus des États-Unis. Terminé d’offrir ses valeureux services à un pro capable de te renvoyer d’un claquement de doigts après une contre-performance. Terminée la vie dans l’insécurité. Il devait réfléchir à l’avenir.

« Ça faisait plus de six ans que je me promenais partout durant toute l’année. J’étais de passage au Québec deux semaines par année pour voir mes parents. J’étais chanceux, car j’ai porté le sac de mes amis. Mais ce n’est pas toujours la réalité dans le métier », raconte-t-il.

« Cadet, on ne contrôle jamais notre destinée. On est toujours à la merci de notre patron, poursuit-il. S’il joue bien, tout est correct. Sinon, c’est difficile. Tu ne peux pas vivre en travaillant sur le circuit Korn Ferry et tu peux perdre ta job sans aucune raison valable. C’est un métier ingrat. Je devais prendre une bonne décision pour ma vie. Ce n’est pas vrai que j’aurais porté un sac jusqu’à ma retraite. »

Amour de l’enseignement

Les cadets sur le circuit de la PGA n’ont aucun fonds de retraite et aucune couverture d’assurance-maladie. Inimaginable quand on sait que les golfeurs sont assurés de la tête aux pieds. Nombreux sont ceux qui vivent au bout de chaque petite « cenne » noire. Dans sa carrière, Benson a pu en témoigner.

Il ne regrette rien de son parcours. Il a mis dans son coffre de précieuses notions que lui ont inculquées les meilleurs golfeurs de la planète. Un bagage valant son pesant d’or.

Il est prêt à le mettre à profit à celui qui veut l’entendre.

« J’aime jaser et rencontrer les gens. C’est dans ma personnalité. Je ne demande qu’à partager mes connaissances », exprime celui qui adore l’enseignement.

C’est ce qu’il souhaiterait faire avec l’élite québécoise et canadienne. Il a pataugé dans la marmite de la PGA assez longtemps pour leur enseigner quelques leçons. Il attend toujours que le téléphone sonne dans cet univers empreint de conservatisme et de protectionnisme.

« Je ne dois pas être perçu comme une menace. Je dois plutôt être un atout. Je veux partager ce que je connais sur le jeu. Il suffit de se faciliter la vie sur un parcours pour connaître du succès. »

Selon lui, les meilleurs espoirs québécois doivent s’exiler au sud de la frontière afin de côtoyer les grands golfeurs du circuit de la PGA dans les clubs sélects de la Floride, entre autres. Ils doivent tisser ce lien d’appartenance à l’élite mondiale en s’élançant à leurs côtés, ne serait-ce qu’à l’entraînement.

Flux d’adrénaline

Avec ses nouvelles tâches, Benson ne voulait pas tirer un trait sur les compétitions. Celles-ci lui permettent de retrouver cette dose d’adrénaline qui l’anime sur un parcours.

Vendredi, lors de l’Omnium Mackenzie, il devait sortir un lapin de son chapeau afin d’éviter le couperet. Ce qu’il a réussi même s’il n’a pas multiplié les heures à l’entraînement en préparation au tournoi.

Détendu et comique sur le parcours, il a trouvé sa touche. Ses bonnes performances cet été lui avaient permis de gagner un ticket à ce tournoi du circuit canadien. « J’aime me surpasser. C’est agréable de jouer quand tu es nerveux. Sur la PGA, les gars sont maîtres dans l’art. Ils sont confortables dans les situations inconfortables. »

Son confort, Benson l’a retrouvé chez lui en jonglant avec ses nouveaux chapeaux.