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FLEX/BIXI/Eva : quand le Québec offre mieux que la compétition internationale

FLEX/BIXI/Eva : quand le Québec offre mieux que la compétition internationale
Photo Agence QMI, Steve Madden

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Au début, j’ai cru à une anomalie. Une tendance semble toutefois se dessiner : les nouveaux services de transport conçus et exploités au Québec (FLEX/BIXI/Eva) s’avèrent plus abordables que ceux des géants mondiaux (car2Go/JUMP/Uber) et plus commodes en cas d’ennui puisque leur service à la clientèle n’est pas délocalisé dans des régions tropicales où le mot «déneigeuse» est inconnu.  

Les BIXI électriques bleus «battent» les montures rouges de JUMP (une tentacule d’Uber) en termes de prix. Lorsque j’ai utilisé un BIXI bleu la semaine dernière, ça ne m'a coûté que 1 $, étant donné mon abonnement annuel à 90 $. Avec le concurrent JUMP, la même course se serait élevée à 6 ou 7 $... Juste une semaine d’allers-retours à ce tarif suffirait pour «accoter» l’abonnement à BIXI.   

Le seul défaut des BIXI bleus, pour l’instant, c’est leur petit nombre (une centaine en rodage). Si la compagnie québécoise se dote d’une flotte électrique digne de ce nom au même prix fixe, les affaires de JUMP à Montréal risquent d’en pâtir.    

Avantage à Communauto   

Il y a longtemps que les voitures en libre-service Flex (anciennement Auto-Mobile) de Communauto s’avèrent généralement plus abordables que les Smart car2Go de la compagnie allemande Daimler. En fait, pour cette raison, je ne me souviens plus de la dernière fois où j’ai utilisé une car2Go.   

Depuis hier, l’écart s’est creusé davantage. Le prix quotidien maximal varie maintenant de 70 $ à 90 $pour une Smart de car2Go, mais demeure de 50 $ pour une Prius de Flex/Communauto.   

Eva moins pingre qu'Uber  

L’application québécoise Eva de «hélage» de transport fait mal paraître Uber. Pour un même service, la coopérative montréalaise perçoit seulement 15 % du montant de la course pour le réinvestir ici intégralement, alors que le géant américain accapare un gros 25 % pour lui faire prendre des vacances aux «îles Moukmouk» loin du fisc... Ici, l’utilisateur paie avec Eva environ la même chose qu’avec Uber, mais c’est plus rentable pour le chauffeur... et ça fait des millions qui fructifient localement au lieu de s’expatrier!   

Cette relative infériorité des géants mondiaux par rapport aux «héros» locaux me surprend. En théorie, le gigantisme permet de réaliser d’immenses économies d’échelle afin d’offrir un même service pour beaucoup moins cher que le petit joueur; dans la pratique, apparemment, ce n’est pas le cas...Vrai, BIXI reçoit 4 millions $ de subventions par an de la Ville de Montréal, mais ce n’est rien en comparaison des rafales de milliards en «capital de risque» derrière les activités d’Uber et de JUMP.