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Les friperies font des affaires d’or grâce à l’environnement

Des boutiques québécoises profitent du nouvel engouement des consommateurs

GEN-L'avant-première pour les medias de l'Édition 2019 de l'événement unique Le Montréal du Future
Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD Catherine Paiement-Paradis, dans les locaux de son entreprise, Deuxième Édition, sur la rue Beaubien Est, à Montréal.

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Quand on réalise que fabriquer 1 kg de vêtements génère 23 kg de gaz à effet de serre (pesticides dans les champs de coton, irrigation, eaux usées par les teintures, etc.), acheter des vêtements de seconde main devient non seulement un choix logique sur le plan financier, mais aussi sur le plan environnemental.

Et contrairement aux idées reçues, on peut trouver dans les friperies des vêtements de grande qualité.

« Je ne me suis jamais aussi bien habillée de ma vie ! Je porte les marques que j’aime et si j’ai besoin d’une robe de soirée pour un événement, je peux en trouver une d’un designer pour 12 $ ! », dit Caroline Bellerose, de Candiac, qui tient le blogue Vie de friponne et qui court les friperies en Montérégie.

Des affaires d’or aux États-Unis

« Au début, c’était pour payer moins cher, mais avec le temps c’est aussi devenu un geste environnemental, pour diminuer la pollution. On jette beaucoup trop de textile au Québec », dit-elle.

Grâce à internet, les friperies sont maintenant accessibles en ligne, ce qui permet de « fouiller » dans les vêtements avec notre souris, sans quitter le domicile. Et ces friperies en ligne ont la cote.

Aux États-Unis, une entreprise comme RealReal qui revend des vêtements et accessoires de luxe comme des souliers, des sacs à main et des bijoux est entrée en bourse en juin.

Sa valeur boursière ? Pas moins de 1,3 milliard de dollars US ! L’entreprise s’attend à vendre pour plus d’un milliard de dollars US cette année, selon le Wall Street Journal.

De grandes chaînes comme Macy’s et J . C. Penney, ayant flairé le coup, ont même décidé de s’associer avec la friperie en ligne thredUP pour offrir des vêtements usagés dans quelques-unes de leurs boutiques.

... et au Québec

Le phénomène croît également au Québec. Outre les sites d’échange comme Kijiji ou les groupes Facebook, des sites de revente en ligne tirent leur épingle du jeu.

Deuxième Édition, qui a été fondée par l’entrepreneure Catherine Paiement-Paradis, a vu son chiffre d’affaires exploser depuis ses débuts en 2015.

« Aujourd’hui, je vends en une journée mon chiffre d’affaires d’un mois entier il y a quatre ans ! Les gens veulent de moins en moins acheter du neuf ou des vêtements fabriqués en Chine. Et s’ils achètent un morceau fabriqué hors Québec, ils préfèrent qu’il soit de seconde main », dit-elle.

Son entreprise se spécialise dans les vêtements et accessoires de luxe.

« Une cliente est venue récemment acheter un manteau de cuir Chanel, doublé en mouton. Il était comme neuf et on l’a vendu 1200 $. Mais il en valait environ 12 000 $... J’ai beaucoup de clientes qui en profitent pour s’offrir des vêtements qu’elles n’auraient pas pu s’offrir, je démocratise en quelque sorte la mode de designer et la haute couture ! », raconte-t-elle.

Deuxième Édition et d’autres sites de revente en ligne achètent également des vêtements et des accessoires provenant de particuliers, ce qui permet à ces derniers de renouveler leur garde-robe à moindre coût, tout en apaisant leur conscience environnementale...

Des milliards $ en seconde main

28,5 milliards $ de biens de seconde main sont échangés par année au Canada (selon l’index Kijiji 2018 de l’économie de seconde main).

Des adresses québécoises