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Les «Têtes à claques» sont toujours bien vivantes

Les «Têtes à claques» sont toujours bien vivantes
PHOTO COURTOISIE, Télétoon et Michel Beaudet

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Elles sont moins omniprésentes qu’à l’époque où elles faisaient vendre des «Pop-Tarts», mais les «Têtes à claques» sont encore bien vivantes, assure leur créateur, Michel Beaudet.

«Tout le monde nous en demande tout le temps, affirme l’ex-concepteur publicitaire, en entrevue avec l’Agence QMI. Le public se renouvelle beaucoup. Sur la chaîne YouTube, même si on n’ajoute pas de contenu, le nombre d’abonnés augmente toujours. C’est un phénomène dans toute la francophonie.»

Encore récemment, des vignettes sur le jeu «Fortnite» et la légalisation du cannabis étaient déposées sur le site Têtesaclaques.tv, et récoltaient des audiences respectives de plus de 900 000 et 600 000 visionnements. Et la chaîne YouTube des «Têtes à claques» génère apparemment encore plus de trafic que le site Web.

«On essaie de se coller à l’air du temps. Mais il y a toujours des classiques. À chaque tempête de neige, à l’Halloween, nos capsules ressortent. C’est une boucle sans fin, qui ne s’arrêtera jamais!», fait valoir Michel Beaudet.

Engouement monstre

Le phénomène des «Têtes à claques» est né en août 2006. Propulsé grâce à la saynète de l’Halloween, dans laquelle deux gamins impolis réclamaient des friandises à grands coups de «Moé si, moé si!», le concept animé a vécu des années extrêmement fastes sur le Web, bien avant l’explosion des chaînes YouTube. Plus de 400 millions de visionnements avaient alors été enregistrés dans la francophonie.

«À cette époque, les stations de télévision n’avaient même pas leur pendant Internet, se remémore Michel Beaudet. Le mot webtélé n’existait pas. YouTube commençait à être populaire, les gens s’envoyaient des clips d’écureuils sur des "skateboards", mais on était les premiers à sortir un truc plus régulier. J’étais un peu un précurseur, et ça m’a beaucoup aidé. Tout le Québec s’est "garroché" là-dessus!»

Michel Beaudet parle d’un engouement «monstrueux» dans les deux premières années, avec un achalandage de trois millions de visiteurs uniques par mois sur la plateforme web des «Têtes à claques».

Les personnages aux yeux globuleux ont ensuite fait le saut à la télévision avec «Au pays des Têtes à claques», dont Télétoon a diffusé trois saisons en quatre ans, à partir de janvier 2012.

Un projet de film était dans l’air jusqu’à ce que, il y a un an et demi, Michel Beaudet et la quarantaine de concepteurs et designers de sa compagnie, Salambo Animation, établie dans son studio de Longueuil, s’orientent vers la nouvelle série «Les histoires bizarres du professeur Zarbi», qui vient de prendre l’antenne à Télétoon.

Professeur Zarbi

Michel Beaudet se dit convaincu qu’une vague de popularité comme celle engendrée par les «Têtes à claques» ne pourrait se reproduire, près de 15 ans plus tard.

«Même aujourd’hui, quelqu’un qui arrive avec une idée extraordinaire sur Internet n’aura jamais le "buzz" qu’on a eu», estime-t-il.

L’homme d’affaires et artiste croit néanmoins beaucoup à sa nouvelle fiction animée, «Les histoires bizarres du professeur Zarbi», que Télétoon diffuse le jeudi, à 21 h 30, depuis la semaine dernière.

Dans un humour adolescent, semblable à celui des «Têtes à claques», le professeur Zarbi et son assistant Benjamin, spécialistes des phénomènes occultes et paranormaux, vont de découvertes loufoques en aventures rocambolesques, à raison de deux intrigues par épisode de 30 minutes.

Michel Beaudet soutient que son équipe a raffiné ses méthodes d’animation par rapport au résultat des «Têtes à claques», notamment grâce au logiciel Toon Boom Harmony, réputé dans le monde de l’animation. Auparavant, le visage de Michel Beaudet servait de support aux figures des personnages ; désormais, ce sont des photos qui constituent l’âme de ceux-ci.

«Ça nous permet de faire des animations beaucoup plus spectaculaires et fluides», indique-t-il.