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Procès Ugo Fredette: une voisine a entendu un cri de mort

Ugo Fredette et sa conjointe, qu’il est accusé d’avoir tuée, s’étaient aussi chicanés quatre jours plus tôt

Procès Ugo Fredette: une voisine a entendu un cri de mort
Photo courtoisie

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SAINT-JÉRÔME | Le soir où Ugo Fredette aurait tué sa conjointe, la voisine a entendu un hurlement de femme, suivi d’une vision qui la hante toujours : la victime, molle comme une poupée de chiffon, traînée par l’accusé du balcon vers l’intérieur de sa maison.

« C’était un cri de mort, un cri atroce », a précisé Christine Gouin lundi, au palais de justice de Saint-Jérôme.

En sortant sur son balcon arrière, le 14 septembre 2017, la dame de 55 ans a aperçu Ugo Fredette, sa conjointe Véronique Barbe et un enfant sur leur patio, tous impliqués dans un brouhaha infernal.

Croyant assister à un épisode de violence conjugale, elle a immédiatement demandé à son conjoint de composer le 911.

Celle qui habite la résidence voisine du couple Barbe-Fredette, située sur le boulevard Antoine-Séguin, à Saint-Eustache, était le premier témoin de la Couronne lundi, au procès d’Ugo Fredette.

La résidence où la femme de 41 ans a été tuée, située sur le boulevard Antoine-Séguin, à Saint-Eustache.
Photo courtoisie de la cour
La résidence où la femme de 41 ans a été tuée, située sur le boulevard Antoine-Séguin, à Saint-Eustache.

L’homme de 43 ans est accusé d’avoir tué sa conjointe de 41 ans et un aîné, dont il aurait ensuite volé la voiture pour s’enfuir.

Mme Gouin a raconté au jury composé de neuf hommes et trois femmes avoir vu Fredette traîner sa conjointe en l’appuyant contre lui, le jour où celle-ci est décédée.

« Comme une petite poupée »

« Véronique était comme une petite poupée, elle avait la tête penchée, l’air toute molle. Elle ne se débattait pas. Ugo l’a tirée vraiment fort par en arrière », a détaillé la dame, la voix coupée par l’émotion.

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La scène dont Mme Gouin a été témoin ce soir-là la hante toujours, deux ans plus tard, principalement parce qu’elle avait eu connaissance d’une chicane du couple quatre jours plus tôt.

« Encore aujourd’hui, je me sens coupable de ne pas avoir appelé [la police] le 10 [septembre 2017]. Si on avait appelé le 10, est-ce que Véronique serait encore vivante aujourd’hui ? Je ne le sais pas et je ne le saurai jamais », a-t-elle laissé tomber, bombardée de questions en contre-interrogatoire.

La témoin se référait ainsi à une dispute houleuse entre Fredette et Mme Barbe survenue devant leur résidence. Celle-ci semblait alors furieuse contre son conjoint.

Ce jour-là, Mme Gouin aurait entendu un « bruit de claque », sans savoir qui aurait giflé qui. Puis, Fredette aurait imploré la victime de ne pas appeler la police.

« On était sidérés, on s’est demandé : “On fait quoi ?” Et on a décidé de rien faire », a mentionné Mme Gouin, l’air dépité.

Une partie du crime allégué se serait déroulée sur le balcon arrière de la maison.
Photo courtoisie de la cour
Une partie du crime allégué se serait déroulée sur le balcon arrière de la maison.

Une promesse

Deux jours après cette chicane, Véronique Barbe serait allée cogner chez sa voisine pour s’excuser de la situation.

Elle aurait précisé à Mme Gouin qu’elle était surprise que personne dans le voisinage n’ait composé le 911.

« Je lui ai dit que la prochaine fois que j’entendrais crier venant de chez elle, j’appellerais la police. On lui a fait la promesse », a soutenu Mme Gouin.

Quarante-huit heures après cette discussion, Mme Barbe aurait été poignardée à 17 reprises, avec deux couteaux distincts.

Le drame se serait déroulé sous les yeux d’un enfant impuissant, que l’accusé aurait par la suite amené avec lui dans sa fuite.

Moins d’une heure après avoir présumément tué sa conjointe, Fredette se serait rendu avec l’enfant de six ans dans une halte routière de Lachute.

L’accusé Ugo Fredette et la victime Véronique Barbe dans des jours plus heureux.
Photo d’archives
L’accusé Ugo Fredette et la victime Véronique Barbe dans des jours plus heureux.

Battu à mort

À cet endroit, il aurait battu un homme de 71 ans dans le but allégué de lui voler son véhicule, selon ce qu’a relaté la Couronne dans son exposé d’ouverture.

L’accusé se serait ensuite débarrassé du corps d’Yvon Lacasse dans un boisé des Laurentides. La dépouille du septuagénaire n’a été retrouvée que six jours plus tard, dans un état de putréfaction avancée.

Fredette a finalement été arrêté en Ontario le 15 septembre 2017, au terme d’une poursuite policière.


► Le procès présidé par la juge de la Cour supérieure Myriam Lachance durera deux mois.