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Anniversaire symphonique réussi pour Diane Dufresne

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MONTRÉAL | Diane Dufresne célébrera ses 75 ans le 30 septembre et s’offre l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) en guise de gâteau d’anniversaire. Et ce sont les spectateurs attentifs de la Maison symphonique qui ont reçu le cadeau, mardi, devant une chanteuse investie, à la voix toujours aussi puissante, et désarmante de simplicité.

La diva Dufresne se fait désormais si rare que sa collaboration avec 75 musiciens de l’OSM et le chef Simon Leclerc, efficace grand manitou de la série OSM POP, le temps de trois représentations, constituait un événement en soi.

On aurait pu l’attendre dans une toilette excentrique aux effluves de Magie rose, mais non; l’artiste a plutôt joué de sobriété en surgissant de l’arche qui se dressait au milieu du parterre d’instrumentistes, dans une tenue aux teintes de gris et de noir créée par Marie Saint Pierre, l’une de ses designers chouchous. Les plus alertes se sont levés spontanément pour l’ovationner.

Ce n’est qu’après le premier refrain de la significative De l’amour fou – qui incarnait «la ferveur de [vous] revoir», a-t-elle déclamé – que la jubilaire s’est avancée au-devant de la scène, la chevelure libre, dans une lumière qui ne brillait que pour elle.

«Eh ben, oui, je ne me suis pas mis sur mon 36, mais sur mon 75», a-t-elle ensuite lancé, avant un mot de bienvenue plus officiel, et une acclamée Partager les anges (de l’album Effusions, en 2007).

«Meilleur après»

À tout seigneur, tout honneur, à l’âge respectable de 75 ans, et de surcroît quand on s’appelle Diane Dufresne, on n’en fait qu’à sa tête. L’icône québécoise n’avait pas envie de laisser parler la rockeuse en elle pendant ce tour de chant avec l’OSM, pas plus qu’elle ne souhaitait ressasser uniquement ses grands succès commerciaux.

Elle avait plutôt envie de discourir d’amour avec un grand A, de désir, d’inspiration, de passion, du temps, des thèmes porteurs de son dernier album, Meilleur après, lancé l’an dernier et qui, sûrement pas de hasard ici, contient nombre de partitions de cordes. L’union avec l’univers symphonique (que Dufresne a plus tard qualifié de «mont Everest» cousu de dentelle) s’avérait donc naturelle.

Certains moments furent à donner le frisson. Les effets graves de l’orchestre appuyant les propos d’une Cendrillon au coton assoiffée de liberté, fondue dans la touchante Le temps me fait la peau, relevaient presque de la mise en scène théâtrale.

Ont suivi, à juste titre, Mais vivre, et sa rage de mordre dans l’existence, et L’été n’aura qu’un jour, sous les gloussements d’une foule obnubilée par le spectacle d’une Diane Dufresne mettant l’emphase sur les «papillons» du texte.

De L’Arche et son cri du cœur écologique à La peur a la frousse, on a eu droit à un amalgame des paroles des incontournables Oxygène et Hymne à la beauté du monde, dans une envolée – voire un tourbillon, une tempête – symphonique. Un mariage aussi heureux que symbolique, qui a bien sûr été reçu avec chaleur dans la salle.

La magnifique, toute nouvelle et jamais entendue Parce que tu rêves a entamé l’ultime droit de ce tête-à-tête entre l’auteure-compositrice et ses inconditionnels, clôturé par Je me noue à vous, ode au public livrée par une Diane Dufresne mutine, coiffée d’un chapeau à volants coloré, digne de ses années de gloire les plus survoltées. L’assistance en a bruyamment redemandé.

Le concert «Diane Dufresne: un 75e symphonique» sera présenté à nouveau à Montréal mercredi et jeudi, 11 et 12 septembre. Diane Dufresne se produira aussi avec l’Orchestre du Centre national des arts, à Ottawa, le 4 novembre et avec l’Orchestre symphonique de Québec les 26 et 27 novembre.