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«Bonjour-Hi» à la SAQ: la CAQ ne se mouille pas

Bloc SAQ
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Le gouvernement Legault refuse de dire s'il va exiger que la Société des alcools du Québec (SAQ) accueille ses clients uniquement en français.

Des clients ont été interpellés par la formule d’accueil bilingue «Bonjour-Hi» dans une succursale de la rue Sainte-Catherine à Montréal, au moment de payer leur pinard. 

Au cabinet du ministre des Finances, Éric Girard, responsable de la société d’État, on admet que «ce n’est pas agréable» de se faire aborder de la sorte dans un commerce au Québec. «La langue française constitue notre identité et il n’y a rien de plus élégant que de se faire accueillir et servir par un “Bonjour”», a-t-on insisté.  

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Le nouveau ministre responsable de la langue française, Simon Jolin-Barrette, a refusé la demande d’entrevue de notre Bureau parlementaire. Dans une déclaration écrite, son porte-parole a assuré que le gouvernement a une réelle volonté de protéger et de faire rayonner la langue française partout au Québec. 

«La langue française fait ainsi partie de notre identité. “Bonjour” est l’un des mots les plus connus de la langue française par les non-francophones à travers le monde et exprime parfaitement la convivialité nécessaire à l’accueil des personnes», a-t-il fait valoir. 

La CAQ n’a pas voulu dire si la direction de la SAQ devait envoyer une directive à ses employés pour éviter l’utilisation de la formule bilingue pour aborder les clients. 

Donner l'exemple

C’est ce que réclame le Parti québécois, qui estime que la société d’État, une institution publique, doit donner l’exemple. 

«On s’attend à ce que les gens soient à l’heure, qu’ils fassent preuve de professionnalisme, on a des codes vestimentaires dans certaines succursales, on a finalement des règles du savoir-être, je pense que ça devrait être l’une d’elles», plaide le député péquiste Joël Arseneau. 

L’élu des Îles-de-la-Madeleine ne croit pas toutefois que la SAQ doive imposer des mesures disciplinaires à un employé qui utiliserait le «Bonjour-Hi». Si la société d’État ne prend pas sa responsabilité d’envoyer un message clair à ses employés, le gouvernement doit la rappeler à l’ordre, selon M. Arseneau. 

«Une goutte d'eau»

Si elle n'approuve pas l'utilisation du «Bonjour-Hi», la députée solidaire Catherine Dorion croit toutefois que le débat sur la formule bilingue est secondaire. Selon elle, la langue française est davantage menacée par la révolution numérique. 

«En ce moment, les gens regardent des films, des séries en anglais, écoutent de la musique sur Spotify en anglais, sur Netflix les films [en anglais], vont magasiner en anglais, dit-elle. Netflix, YouTube, Spotify s’en foutent qu’on soit au Québec, donc la grosse majorité de ce qu’on va entendre va être en anglais! Ça, si on n’est pas capable de légiférer là-dessus, si on n’est pas capable de réglementer ces plates-formes-là [...] le Boujour-Hi, ça va être une goutte d’eau à côté de ce tout ça». 

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