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Des applications suivant les cycles menstruels partageraient des données intimes de leurs utilisatrices

 Des applications suivant les cycles menstruels partageraient des données intimes de leurs utilisatrices
Crédit: Unsplash

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Une récente enquête de l’ONG Privacy International révèle que des applications féminines de suivi menstruel auraient partagé des informations intimes avec Facebook et d’autres parties.

Revenant sur les activités de cinq applications mobiles téléchargées des millions de fois, le rapport se concentre surtout sur deux d’entre elles qui auraient divulgué des détails alarmants sur leurs utilisatrices.

Les symptômes médicaux, les habitudes de consommation d’alcool, les humeurs, l’utilisation de contraception et la date des dernières relations sexuelles figureraient notamment dans les informations transférées.

Les applications Maya et MIA Fem se seraient en effet distinguées. Elles cumulent à elles deux six millions de téléchargements et utilisent les fonctionnalités du kit de développement logiciel Facebook.

Ces dernières permettent à une application d’utiliser des outils du réseau social, comme le fait de créer un compte à partir du profil Facebook des utilisateurs, en échange de transferts des données au géant d’internet.

L’ONG a notamment révélé que les deux applications auraient commencé à informer Facebook avant que leurs utilisatrices n’aient accepté leurs politiques de confidentialité.

D’autres parties ont également reçu des informations sensibles à propos des utilisatrices de ces applications.

Par ailleurs, MIA Fem aurait également divulgué des informations qui, sans rapporter une donnée concrète, peuvent mener à des conclusions sur les habitudes d’utilisatrices.

En effet, l’application propose des articles à ses usagères en fonction des données recueillies et aurait partagé les articles offerts à des tierces entités. Ces dernières pouvaient donc conclure les données probantes sur une utilisatrice qui, par exemple, aurait récemment été invitée à lire un article sur la masturbation.

Contactée par Business Insider, Eva Blum-Dumontet, qui a mené l’enquête de Privacy International, a également ajouté que les applications auraient même transmis à Facebook des données de personnes n’ayant pas de profil sur le réseau social.

«Sans égards à votre utilisation ou non, Facebook reçoit cette information et c’est lié à votre identifiant publicitaire unique, donc c’est vraiment attaché à votre identité», a-t-elle déclaré.

Suite à ces révélations, les réactions des principales intéressées ne se sont pas fait attendre. Certaines ont d'ailleurs fait part de leur frustration sur les réseaux sociaux. 

 Des applications suivant les cycles menstruels partageraient des données intimes de leurs utilisatrices
Capture d'écran - Twitter

Le profil Twitter Blue Moon, par exemple, déclare en partageant le titre d'un article sur le sujet: «mon application de suivi menstruel a besoin de savoir deux choses: quand ont eu lieu mes dernières règles et quand j'ai eu des relations sexuelles pour la dernière fois. Facebook n'a besoin de savoir aucune de ces choses».

Tandis que le PDG de Maya a annoncé avoir effacé les kits de développement logiciel Facebook qu’il utilisait, MIA Fem aurait menacé Privacy International de poursuites judiciaires après la publication d’un communiqué de l’entreprise sur Buzzfeed.

De son côté, Facebook a affirmé à travers un porte-parole que les politiques de la compagnie demandaient à tout développeur d’applications d’être clair avec les utilisateurs quant aux données collectées, ainsi que d’avoir une base légale pour leur collecte.

L’extraction de données constitue la ruée vers l’or de notre temps. Serait-il temps de lui appliquer des règles?

 

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