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Price et Weber: le temps presse

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Photo d’archives, AFP Shea Weber et Carey Price se montreront-ils patients face au plan de Marc Bergevin ?

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Qu’on soit emporté par un optimisme, je n’irai pas jusqu’à dire débordant, plutôt légitime dans les circonstances, c’est à prévoir.

Le Canadien a terminé la dernière saison avec 96 points, à deux points des séries éliminatoires. Pourtant, rappelez-vous à pareille date l’an dernier, on n’avait aucune idée de l’image que le CH allait projeter.

Quelles étaient vraiment les attentes ?

On ne le savait pas. On ignorait si cette équipe allait compétitionner au même niveau que bien des formations de l’Association de l’Est.

Un an plus tard, après une saison marquée par un changement de la garde rapprochée du directeur général, par l’entrée de nouveaux adjoints à Claude Julien, l’arrivée de Joël Bouchard à Laval, et le choix de premier tour, Jesperi Kotkaniemi, qui trouve une place dans le vestiaire, Max Pacioretty qui déménage à Vegas, Geoff Molson se réjouit que son homme de confiance ait franchi la première étape de son programme avec distinction.

On embarque dans l’an 2 de ce plan Bergevin. La phase deux a cependant démarré sur une mauvaise note avec l’échec de l’offre hostile à Sebastian Aho, offre qui avait été précédée, pour les besoins de la cause, par le départ d’Andrew Shaw, un patineur apprécié de tous les joueurs et qui venait de connaître une saison dépassant les attentes. Il y a eu quelques transferts et aussi l’embauche de quelques joueurs, dont le défenseur Ben Chiarot, des Jets de Winnipeg. Bon, Claude Julien souligne qu’il a confiance que le flanc gauche de la défensive sera supérieur à l’an dernier. « Victor Mete s’est amélioré en deuxième moitié de la saison, ne l’oublions pas. Notre attaque à cinq également a connu de meilleurs moments lors du dernier mois. »

Mais cette équipe est-elle supérieure à celle de l’an dernier ? Plusieurs formations de l’Association de l’Est ont apporté des changements significatifs. Bergevin et son groupe ont-ils emboîté le pas ? À première vue, non. Mais les vétérans et les décideurs de l’organisation vous diront : « Un instant. On a vécu une belle expérience l’an dernier et nos jeunes joueurs vont sûrement s’améliorer. » Dans ce vent d’optimisme qui déferlait sur les dirigeants de l’équipe, hier, à Laval-sur-le lac, Claude Julien y est allé d’une déclaration pour le moins étonnante : « Je n’ai pas de problème si nous avons trois joueurs de 20 ans. »

Oups.

Une possibilité

Maintenant, c’est à Ryan Poehling et à Nick Suzuki de convaincre l’entraîneur comme l’a fait Kotkaniemi.

Cependant, et Le Journal et Marc de Foy ont posé la question ce week-end : le Canadien peut-il rater les séries éliminatoires une quatrième fois en cinq ans ?

Poser la question, c’est y répondre.

Mais je crois que c’est une saison importante pour les deux joueurs les plus influents chez le Canadien. Carey Price : « Tu vois des gars qui jouent toute leur carrière sans avoir une chance (de gagner la coupe Stanley), je ne veux pas être un de ces gars. Ce sera un processus, mais il faut tout donner pendant la saison. »

Humm.

Shea Weber : « On ne doit jamais être satisfait. » C’est certain que le Canadien offre des perspectives d’avenir à nourrir l’espoir. Mais Price et Weber seront-ils aussi patients ? Les années passent rapidement.

Des réponses

Par conséquent, la prochaine édition du Canadien devrait leur démontrer s’ils sont au bon endroit. Ils découvriront si le Canadien a les ingrédients pour atteindre de nouveaux horizons dans un très court laps de temps. Ce sont deux vétérans, avec un curriculum vitae attrayant, avec notamment des médailles d’or aux Jeux olympiques, ils appartiennent à un groupe sélect de la Ligue nationale et de la scène internationale, mais la coupe Stanley n’a toujours pas rempli l’espace vide sur leur feuille de route.

Oublions cette histoire de fenêtre. Qu’est-ce que cela veut dire au juste ? On avait fermé la « fenêtre » à St. Louis, en décembre dernier. Puis, comme un coup de vent, elle s’ouvre. Alors, l’histoire de la fenêtre, on passera. Pour Price et Weber, ce qui importe, c’est la qualité des effectifs. Cette formation peut-elle répondre aux attentes ? A-t-elle apporté les changements appropriés pour rivaliser avec les autres formations de l’Association de l’Est ?

Les deux joueurs peuvent faire la différence. C’est clair. Cependant, ils veulent un encadrement approprié.

Quand Geoff Molson déclare que le Canadien sera une équipe redoutable dans deux ou trois ans, il n’y a pas de quoi rassurer Price et Weber.

Bergevin sera sur la sellette. Claude Julien n’y échappera pas non plus. Et Price et Weber voudront des réponses à leurs interrogations. Une saison captivante à prévoir.

Molson : la prudence

Geoff Molson a rapidement détourné l’attention sur le statut de son directeur général.

Invité à savoir s’il pourrait y avoir des changements administratifs devant l’éventualité que le Canadien rate les séries, sa réponse a été courte et précise. Il a dit en résumé qu’il allait étudier la situation le moment venu.

Point. Suivant.

Après tout, il sait très bien que si le Canadien ne parvient pas à se qualifier pour le tournoi printanier, ce sera la quatrième fois en cinq ans que cela se produit. Pas besoin de lui rappeler.

Et à Montréal, comme partout ailleurs, c’est inacceptable.

Des résultats

Les propriétaires sont de plus en plus impatients. Ils dépensent de gros sous, exigent que les consommateurs paient le gros prix. Bref, ils veulent des résultats... et vite.

Geoff Molson a des obligations envers ses partenaires et envers les amateurs. Jusqu’à maintenant, il a démontré une confiance sans bornes à l’endroit de Marc Bergevin.

Mais, à un certain moment, son directeur général devra prouver que le propriétaire a parfaitement raison de lui donner autant de latitude.

Cependant, j’ai l’impression que sa patience n’a pas encore été ébranlée et qu’il est prêt à accorder toutes les chances à son homme de confiance...