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Aide médicale à mourir: «rayon d’espoir» pour les malades

Atteint d’une maladie dégénérative, un ex-sous-ministre va vieillir plus sereinement

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Photo Simon Clark Ghislain Leblond ne compte plus que sur l’usage d’un seul bras. Bien qu’il s’accroche à la vie, il souhaite être libre de demander l’aide médicale à mourir s’il en ressent un jour le besoin. Cela lui aurait été impossible avant la décision de mercredi, car il n’est pas en fin de vie.

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Un ancien sous-ministre qui a perdu l’usage de presque la totalité de son corps se dit maintenant plus «serein» de vieillir en sachant qu’il pourra un jour demander l’aide médicale à mourir si sa condition devient insupportable.

Même s’il est atteint d’une maladie neurodégénérative et que seul son bras droit est fonctionnel, Ghislain Leblond estime qu’il a encore une qualité de vie «appréciable», surtout grâce au soutien inconditionnel de sa conjointe.

L’ancien sous-ministre de l’Industrie, cloué à son fauteuil roulant depuis plus de 15 ans, n’est pas prêt à mourir. L’homme de 74 ans ne sait pas s’il souhaitera un jour recourir à l’aide médicale à mourir, mais il est heureux que cette possibilité lui soit offerte «si et quand [il] voudrait l’exercer».

Jusqu’à mercredi, il était hanté à l’idée de finir ses jours prisonnier de son corps.

Mourir dignement

«Je ne ferme pas la porte à ça [l’aide médicale à mourir], confie-t-il au Journal. Je suis comme tous les autres êtres humains. J’ai peur de la mort et j’ai surtout peur de la façon dont je pourrais mourir. Alors, si je me retrouvais dans des circonstances où il n’y aurait plus de qualité de vie, plus de dignité, je pourrais faire appel à ce soin de fin de vie.»

M. Leblond se battait depuis des années contre le critère d’une mort naturelle «raisonnablement prévisible» qui était conditionnelle à l’obtention de ce type de soins et qui l’en aurait privé. Selon lui, la victoire de Nicole Gladu et Jean Truchon en Cour supérieure est une «excellente nouvelle».

Ce critère est «incompréhensible, légalement et médicalement», insiste-t-il. Selon lui, beaucoup d’intervenants étaient réfractaires à l’idée d’offrir l’aide médicale à mourir à un patient de peur d’être «poursuivis en vertu de cette clause-là».

«Pour les gens qui sont dans des situations inhumaines similaires, c’est un rayon d’espoir. [...] C’est de nature à me rendre plus serein pour l’avenir», affirme le résident de Québec.

Alzheimer

Ghislain Leblond lance maintenant un appel à Québec et à Ottawa pour que les deux gouvernements acceptent de conformer leurs lois à la décision de la juge Christine Baudouin «dans les plus brefs délais».

«J’espère qu’ils auront la décence et l’humanisme de ne pas aller en appel, de ne pas faire souffrir davantage les Gladu et les Truchon.»

M. Leblond souhaite enfin que les personnes atteintes d’Alzheimer puissent elles aussi demander l’aide médicale à mourir avant de perdre leurs facultés, et au gouvernement provincial d’entamer une réflexion à cet effet rapidement.

Les critères pour avoir accès à l’aide médicale à mourir

  • Être admissible à des soins de santé financés par l’État
  • Être majeur et être apte à prendre ses décisions
  • Avoir un problème de santé grave, irrémédiable et incurable
  • Les souffrances doivent être intolérables et ne peuvent être apaisées dans des conditions jugées acceptables par le patient
  • Faire la demande volontairement sans pression extérieure
  • Avoir été informé des autres moyens disponibles pour soulager ses souffrances

Source : Code criminel