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Dans l’arène pour y rester

Yvon Michel n’a nullement l’intention de fermer sa compagnie de promotion

Yvon Michel a encore des projets pour ses protégés, notamment Marie-Ève Dicaire, championne du monde IBF des super-mi-moyennes.
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Yvon Michel a encore des projets pour ses protégés, notamment Marie-Ève Dicaire, championne du monde IBF des super-mi-moyennes.

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Au cours de sa longue carrière de promoteur, Yvon Michel a traversé plusieurs tempêtes. Celle qu’il traverse actuellement n’est pas différente des autres. Il n’a surtout pas l’intention de mettre la clé sous la porte de GYM.

Joint en Israël mercredi, Michel a voulu mettre les choses au clair au sujet de l’avenir de sa compagnie.

« Pourquoi je prendrais ma retraite alors que j’ai trois des quatre meilleurs boxeurs au Canada dans mon écurie ? En plus, on est la seule compagnie rentable », a-t-il indiqué d’entrée de jeu.

On n’a pas pu consulter les états financiers de GYM, car ils sont du domaine privé. Par contre, Michel a indiqué que le crédit de sa compagnie est excellent et qu’elle « ne doit rien à personne ».

Pour ce qui est de mettre fin aux opérations de GYM, il a répondu sans détour.

« Ce n’est pas du tout dans nos plans, a-t-il mentionné. La boxe est un sport cyclique. Une année représente deux vies chez les professionnels.

« À pareille date l’an dernier, on avait trois champions du monde ! Aujourd’hui, on a des projets très importants pour tous nos boxeurs/boxeuses qui requièrent toute notre attention. »

Ces projets visent Eleider Alvarez, Oscar Rivas et Marie-Ève Dicaire. Leurs prochains combats seront cruciaux pour la suite des choses. S’ils veulent disputer d’autres combats payants, les Colombiens n’auront pas le choix d’offrir des performances de haut niveau. Quant à Dicaire, elle devra continuer de défendre sa ceinture avec succès, comme elle le fait depuis quelques mois.

« Ils vont requérir beaucoup de notre attention, a confirmé Michel. Nous avons aussi Mikael Zewski et Sébastien Bouchard dans nos rangs et nous avons l’intention de les amener au bout de leurs ambitions. Il ne faut pas oublier Wilfred Seyi, avec qui nous avons beaucoup de plaisir. »

Des dollars pour le recrutement

Michel assure qu’il n’a pas laissé tomber le recrutement et qu’il a des projets à long terme pour GYM.

« Lorsque le moment sera opportun, on va investir à nouveau dans le recrutement. Pour le moment, on a des projets à mettre à terme », a-t-il ajouté.

C’est logique. S’il veut faire le plein de nouveaux espoirs, il pourrait le faire l’année prochaine, après la présentation des Jeux olympiques de Tokyo. C’est par cette voie qu’il a embauché Alvarez, Rivas, Artur Beterbiev et Jean Pascal notamment.

Nouvelles alliances

Le modèle d’affaires de la boxe a beaucoup évolué au cours des quatre dernières années. Les réseaux de télévision et de streaming ont pris le contrôle de ce sport avec leurs milliards de dollars. La vente de billets est devenue une source secondaire de revenus.

« Dans le passé, les promoteurs comme nous pouvaient avoir un accès direct aux dirigeants des réseaux, a expliqué Michel. Étant donné qu’on fournissait le produit, on pouvait bénéficier des revenus adjacents pour nos boxeurs et notre compagnie.

« Ce n’est plus le cas aujourd’hui, où tout est polarisé. Pour continuer de jouer un rôle important, il faut s’adapter et trouver une façon de bâtir des alliances. Nous sommes à cette étape. Nous allons être moins actifs, mais beaucoup plus sélectifs et qualitatifs. Nous aurons besoin de temps. »