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Trou de 65 M$ chez Groupe Capitales Médias: des retraités en colère contre les Desmarais et Martin Cauchon

Le Soleil
Photo JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

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Des retraités des journaux du Groupe Capitales Médias ne décolèrent toujours pas contre Power Corporation. Ils se sentent trahis, alors que leurs fonds de retraite se retrouvent avec un déficit actuariel de 65 millions $.

«On est en colère. On a l’impression de s’être fait rouler royalement dans la farine par les Desmarais et Martin Cauchon», tonne l’ancien journaliste et retraité du quotidien Le Soleil, Robert Fleury.

Selon ce dernier, les Desmarais qui détenaient les six journaux du Groupe Gesca connaissaient très bien l’état des fonds de retraite lors de la vente, en 2015, à l’ex-politicien Martin Cauchon.

Les fonds de retraite des six quotidiens de Capitales Médias au bord de la faillite ont un taux de solvabilité variant actuellement entre 75 % et 78 %, selon le régime.

En cas de fermeture définitive de ces journaux, les régimes seront alors fermés et les retraités devront encaisser une baisse de leur rente d’environ 25 %.

Martin Cauchon, maintenant ex-président du Groupe Capitales Médias dont fait partie le quotidien Le Soleil (photo principale), André Desmarais, co-chef de la direction de Power Corporation, et Guy Crevier, éditeur La Presse+, lors d’un événement en 2017 à Montréal.
Photos d’archives, Martin Chevalier
Martin Cauchon, maintenant ex-président du Groupe Capitales Médias dont fait partie le quotidien Le Soleil (photo principale), André Desmarais, co-chef de la direction de Power Corporation, et Guy Crevier, éditeur La Presse+, lors d’un événement en 2017 à Montréal.

«On s’aperçoit que les Desmarais ont bien manœuvré pour éviter de porter l’odieux de ce que l’on vit actuellement», a fait valoir un autre ex-journaliste et retraité du Soleil, Yves Therrien.

Les retraités du Soleil, qui tiendront une assemblée demain après-midi, à Québec, disent actuellement étudier tous les scénarios possibles, y compris un recours devant les tribunaux pour faire entendre leur cause.

Car contrairement aux six journaux régionaux de Gesca, Power Corporation s’est pourtant engagée à conserver la responsabilité des fonds de pension des retraités de La Presse, même après que le journal soit devenu un OBNL.

Le PQ sur le dossier

Le député du Parti québécois (PQ) Sylvain Gaudreault s’explique toujours mal l’attitude de Power Corporation dans ce dossier.

«C’est très choquant et insultant. Il y a maintenant deux poids, deux mesures. Lors de la vente de Gesca, Power Corporation a laissé partir les fonds de pension et ils ne l’ont pas fait avec La Presse», a-t-il déploré.

D’après le député de Jonquière, le gouvernement Legault doit exiger de Power Corporation une rétroaction dans ce dossier afin que le conglomérat financier assume ses responsabilités envers les retraités de Capitales Médias.

La CSN discrète

À la Confédération des syndicaux nationaux (CSN), on soutient qu’il est encore trop tôt pour prendre position dans l’épineux problème de solvabilité des fonds de retraite de Capitales Médias.

«Dans le cadre d’un scénario de relance (sous forme coopérative), on n’est pas à l’étape de formuler des propositions aux membres. On n’est pas actuellement assez avancé dans le dossier. C’est prématuré. Cela dit, on comprend l’inquiétude des gens», a fait valoir mardi la présidente de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN), Pascale St-Onge.

— Avec la collaboration de Philippe Orfali