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Les Charlots mènent l’enquête

Les Charlots mènent l’enquête
Photo d’archives, Annie T. Roussel

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Les Québécois suivent deux excellentes séries policières, ces temps-ci.

District 31 à Radio-Canada.

Et Les Charlots mènent l’enquête à l’UPAC.

Un drame et une farce.

UNE ENQUÊTE « ORIENTÉE »

Dans le dernier épisode des Charlots mènent l’enquête, on a appris (via notre Bureau d’enquête) que Caroline Grenier-Lafontaine, la policière de l’UPAC qui a dirigé l’enquête ayant mené à l’arrestation du député Guy Ouellette, avait été retirée du terrain et affectée à des tâches administratives.

Raison : le Bureau des enquêtes indépendantes trouvait que l’enquête menée par madame Grenier-Lafontaine était « faussement orientée ».

C’est quoi, une enquête « faussement orientée » ?

C’est comme lorsque je joue à la tague avec mon fils et ses amis.

Il y a beau y avoir cinq enfants devant moi, je ne leur donne jamais la tague. Je cours toujours après mon fils, même si c’est lui qui est le plus loin.

« Papa, tu n’as pas le droit de faire ça, crie mon fils à chaque fois. Tu focusses ! T’as pas le droit de focusser ! »

Eh bien, c’est ça, une enquête « orientée ». C’est quand ton enquête cesse d’être objective.

Quand tu te dis : « Le coupable, c’est lui, et c’est sur lui que je vais enquêter, même si jusqu’à maintenant, rien ne prouve que cet individu est plus coupable qu’un autre. »

Quand ton but n’est pas de découvrir la vérité, mais de mettre la main au collet de tel ou tel individu.

UNE SORTIE SURRÉALISTE

Bref, c’est grâce à notre Bureau d’enquête que les Québécois ont appris que des irrégularités semblent avoir été commises dans l’enquête qui a mené à l’arrestation de Guy Ouellette.

C’est une information importante. Essentielle, même, pour comprendre ce qui se passe au sein de l’UPAC.

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Or, selon Me Guy Bertrand, qui défend madame Grenier-Lafontaine, Le Journal n’aurait jamais dû publier ces informations !

Car elles étaient confidentielles !

Je comprends la frustration de l’ex-policière. Pas drôle de savoir que toute la province au grand complet sait que tu as été démise de tes fonctions.

Mais il y avait quelque chose de surréaliste à voir Me Guy Bertrand, avocat hyper médiatique s’il en est, fustiger le Bureau d’enquête et les journaux de Québecor !

N’est-ce pas le rôle des médias de sortir ces histoires ?

Le Journal n’a pas publié des documents concernant la vie intime de l’ex-policière. Il a publié des documents concernant son travail d’enquêteur !

Une enquête qui a mené à l’arrestation d’un député ! À la saisie de son ordinateur !

Une arrestation qui a mis tout le Québec en émoi !

Et qui a même poussé le président de l’Assemblée nationale à suspendre son devoir de réserve pour s’exclamer, en pleine chambre : « Qu’on accuse ou qu’on s’excuse ! »

Quelqu’un a fait couler des documents à un journaliste ? Non. La ministre Geneviève Guilbault a dû rappeler que ces documents circulaient déjà en raison d’autres procédures judiciaires.

L’UPAC n’est pas une entreprise privée. Les employés de l’UPAC ont des devoirs envers leur employeur, certes, mais ils ont aussi – et surtout, dirais-je – des devoirs envers les citoyens, qu’ils ont pour mission de servir.

Heureusement qu’il y a des lanceurs d’alerte et des médias qui mènent des enquêtes !