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Les fantasmes environnementaux du PLQ

Les fantasmes environnementaux du PLQ
Photo d'archives, Agence QMI

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Je crois que les libéraux nous prennent pour des valises. Deux petits exemples qui démontrent leur véritable essence. Lors de la mise à jour économique du gouvernement caquiste énoncée au mois de décembre 2018, les libéraux s’indignaient en clamant: «Le PLQ juge que la mise à jour économique présentée par le gouvernement Legault ne prévoit pas suffisamment d’argent dans les services à la population comme l’éducation et la santé alors que les besoins sont très criants 

Les besoins en santé et en éducation sont très criants: mais pourquoi sont-ils si criants et à cause de qui? Poser la question c’est y répondre...   

Après avoir vargé dans nos programmes sociaux comme ils l’ont fait, il me semble que les ténors du PLQ auraient dû faire preuve d’une nécessaire retenue et se la fermer. Mais non, c’est plus fort qu’eux!   

Le désagrément environnemental du PLQ  

Deuxièmement, au mois de février 2019, la députée libérale Marie Montpetit s’exclamait: «Le gouvernement Legault voit l’environnement comme un problème».   

Et puis, le PLQ voyait l’environnement comment du temps qu’il a été au pouvoir?    

Il voyait la protection de l’environnement comme une tracasserie et un obstacle à la liberté des affairistes de créer de la richesse avec tout et en toutes circonstances. Pour eux, la réglementation environnementale était un irritant et les écologistes des extrémistes de gauche qui nuisaient à la bonne réputation du Québec open for business. Dans les faits, le PLQ interprétait le réchauffement climatique comme un canular, tout comme le fait Donald Trump.   

Comme si ce n’était pas assez, au mois de décembre 2018, le chef intérimaire du PLQ a dit le plus sérieusement du monde: «La ministre de l’Environnement de la CAQ [madame MarieChantal Chassé] est un peu une caricature» selon le libéral Pierre Arcand   

Il est vrai que madame Chassé, pas qu’elle n’était pas sensible à la protection de l’environnement, avait de la difficulté à s’exprimer clairement. C’est pourquoi François Legault l’a vite remplacée. Mais si madame Chassé était une caricature, lui il était quoi à titre de ministre libéral de l’Énergie et des Ressources naturelles?   

Un commis voyageur, voilà ce qu’il était  

Que dois-je penser de monsieur Arcand quand je lis le titre de cet article publié dans Le Devoir du 11 septembre 2014: «Plaidoyer en faveur d’un oléoduc. Le ministre Arcand vante les avantages économiques du projet TransCanada»?   

Vanter les avantages économiques du pipeline transportant du pétrole très polluant des sables bitumineux de l’Alberta, mais tenir morts les énormes désavantages environnementaux. La belle affaire!   

Et à la lecture du titre de ces deux articles, je vois monsieur Arcand comme un facilitateur et même comme un lobbyiste bien plus que comme un véritable commis d’État: «Environnement. Le ministre Pierre Arcand défend le droit d’expropriation des pétrolières».   

Et aussi: «Québec [c’est-à-dire le ministère de M. Arcand] ouvert à la fracturation hydraulique».   

Une petite entourloupette écologique avec ça?  

Grâce à la perspicacité du journaliste environnemental Alexandre Shields du Devoir, et contrairement aux prétentions du ministère de M. Arcand, il a été démontré que: «Environnement. Des forages permis dans les lacs et rivières. Le gouvernement Couillard ouvre la porte à l’exploration pétrolière et gazière dans les cours d’eau du Québec».   

Voilà que le successeur de M. Arcand au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, pète les plombs et déchire sa chemise afin de contredire Alexandre Shields et de lui clouer le bec en publiant le 15 août 2018, dans Le Devoir, une virulente opinion, qu’il voulait faire éclater «sa vérité», tout simplement intitulée: «Nos lacs et nos rivières ne sont pas ouverts aux pétrolières».    

Donc on avait affaire encore à une fake news?  

Pierre Moreau n’était toutefois pas tout à fait dans la vérité, comme a été obligé de l’admettre l’ex-premier ministre du Québec: «Hydrocarbures. Il faut se garder une petite marge. Philippe Couillard justifie l’ouverture faite à d’éventuels projets menés dans les cours d’eau».    

Il faut décoder: une petite marge accordée aux pétrolières et aux gazières signifie dans les faits une grande marge pour le PLQ. Bah, même si la protection de la faune n’a jamais été la tasse de thé du PLQ: «Les réserves fauniques [en plus des terres agricoles] ouvertes à l’exploration pétrolière».   

Il faut reconnaître au PLQ et à son ministre de l’Environnement, une certaine sensibilité même si elle est teintée d’opportunisme»: «Heurtel [le ministre libéral de l’Environnement d’alors] adopte un béluga».    

Adopter un béluga après avoir toléré et causé la mort de combien de bélugas et de baleines? C’est risible: «Net recul du nombre d’agents de la faune. Une cinquantaine de postes ont été abolis depuis 2010 [par les libéraux] au Québec».   

Le laissez-faire et la foi en l’éthique des entreprises, c’est mieux.    

Le folklore environnemental du PLQ  

Je ne sais pas pour vous, mais moi le mot qui me vient à l’esprit quand je vois le PLQ essayer de se transformer aujourd’hui en défenseur de la protection de l’environnement, c’est: fausseté.    

Que dites-vous du titre de cet article? Vraiment ahurissant: «Le salut du PLQ repose sur la crise climatique».   

Pour le PLQ, l’environnement relève seulement de l’opportunisme politique.   

La moutarde me monte aussi au nez quand je lis ceci: «Climat, l’opposition [libérale] à Québec réclame des états généraux».   

Et aussi ceci: «D’anciens ministres [entre autres libéraux] s’unissent pour l’environnement».   

Et une drôle, mais imbuvable de notre ex-premier ministre libéral: «Agir pour le climat est urgent, dit Couillard. Le premier ministre a aussi vanté le Plan Nord malgré les difficultés que le projet rencontre» (Le Journal de Montréal, 17 octobre 2015). Ce n’est certes pas les difficultés découlant de la réglementation environnementale qui ont importuné nos minières et nos forestières.   

Pour décompenser, mes thérapeutes Pancho et Igor m’ont ordonné de dorénavant toujours terminer mes textes par une drôlerie. Elle vient de l’ex-ministre libéral des Finances, le banquier Carlos Leitao: «Québec [PLQ] se lance dans les obligations vertes. La première émission de 500 millions n’est qu’un début, promet le ministre Leitao».   

Après le bonhomme Carnaval vient le bonhomme vert.