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Les réalisatrices ont fait leur place au Festival de cinéma de la ville de Québec

Le film de Louise Archambault, «Il pleuvait des oiseaux», ouvrira le bal jeudi soir

Louise Archambault donne ses directives à Rémy Girard sur le plateau de tournage de <i>Il pleuvait des oiseaux</i>, à l’été 2018. 
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Louise Archambault donne ses directives à Rémy Girard sur le plateau de tournage de Il pleuvait des oiseaux, à l’été 2018. 

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Pendant qu’elles demeurent sous-représentées à Cannes, Venise et Hollywood, les femmes cinéastes font jeu égal avec les hommes au Festival de cinéma de la ville de Québec, qui déroulera son tapis rouge au nouveau film de la réalisatrice québécoise Louise Archambault, jeudi soir.

Présenté en ouverture de cette neuvième édition du FCVQ, le drame Il pleuvait des oiseaux, qui met en vedette Andrée Lachapelle, Gilbert Sicotte et Rémy Girard, sera d’ailleurs le premier de cinq longs métrages réalisés par des femmes à faire son entrée dans une compétition parfaitement paritaire.

En effet, comme l’an dernier, la moitié des films en lice pour le Grand Prix sont l’œuvre de cinéastes féminines. Parmi celles-ci, une autre Québécoise, Myriam Verreault, viendra montrer son Kuessipan.

Myriam Verreault viendra présenter son film <i>Kuessipan</i>, en compétition officielle.
Photo courtoisie, Réalisatrices équitab
Myriam Verreault viendra présenter son film Kuessipan, en compétition officielle.

De fait, c’est l’ensemble de la programmation du FCVQ qui se maintient dans la zone paritaire. Sur les 278 films qui seront projetés jusqu’au 21 septembre, 44 % ont été tournés par des femmes.

Discrimination positive ? Pas du tout, affirme le programmateur Olivier Bilodeau.

« J’aimerais me lancer des fleurs et dire que nous sommes soucieux de la parité, mais, sérieusement, je pense que c’est un problème des gros festivals. À Cannes et Locarno, ils ont toujours les mêmes réalisateurs qui reviennent et qui sont là depuis longtemps. Chez les jeunes festivals, on n’a pas ce souci. Au FCVQ, nous n’avons jamais porté attention au sexe. »

Plus dégourdies

Il reste que la présence des femmes est beaucoup plus importante au festival depuis deux ans. Comment l’expliquer ?

« Il y a plus de femmes qui font des films. C’est en train de virer de bord. Les femmes ont fait leur chemin et, aujourd’hui, je les trouve beaucoup plus dégourdies que les gars », dit M. Bilodeau, qui croit même que le jour viendra où les hommes seront minoritaires derrière la caméra.

« Dans quelques années, les organismes subventionnaires devront prendre des mesures pour favoriser les gars », dit-il en riant.

Place à l’amélioration

Malgré tout, la partie n’est pas encore gagnée. Pas plus tard que mardi, l’actrice Geena Davis présentait un documentaire au Festival de Deauville dans lequel elle dénonçait la place des réalisatrices à Hollywood. À peine 4 % des films y sont réalisés par des femmes. Et la tendance est à la baisse.

La réalisatrice Marquise Lepage et Laurence Leboeuf, une des vedettes d’<i>Apapacho – Une caresse pour l’âme</i>, qu’on verra aussi au FCVQ.
Photo d'archives, Chantal Poirier
La réalisatrice Marquise Lepage et Laurence Leboeuf, une des vedettes d’Apapacho – Une caresse pour l’âme, qu’on verra aussi au FCVQ.

Au Québec, il y a encore place à l’amélioration, observe Olivier Bilodeau, en référant au cinéma grand public. « Les grosses enveloppes vont encore aux hommes. »

Cela dit, le programmateur du FCVQ est persuadé que le cinéma québécois tend inexorablement vers la parité.

« Il y en a tellement, elles sont tellement talentueuses et elles veulent tellement. C’est pour ça que notre programmation leur fait une large place. »

À voir au FCVQ jeudi :

  • Il pleuvait des oiseaux, Palais Montcalm, 20 h
  • Free Solo, Place D’Youville, 20 h