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L’Obélix pour sauver l’expertise de la Davie

Le Parti conservateur du Canada refuse toutefois de dire s’il poursuivrait le travail entamé par les libéraux

L’Astérix était le premier grand navire militaire construit au Canada depuis plus d’un quart de siècle.
Photo d’archives L’Astérix était le premier grand navire militaire construit au Canada depuis plus d’un quart de siècle.

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Chantier Davie sera assurément sur les lèvres des politiciens durant la campagne fédérale. Déjà, le Parti conservateur du Canada promet la construction du ravitailleur Obélix, mais il refuse de s’engager à poursuivre le processus pour l’intégration d’un troisième chantier maritime dans la Stratégie nationale de construction navale.

«Le problème que nous avons présentement à Davie, c’est que nous perdons notre main-d’œuvre. L’Obélix est une conversion de navire qui pourrait se faire rapidement et qui permettrait de mobiliser les travailleurs à court terme», indique au Journal Steven Blaney, député sortant de Bellechasse–Les Etchemins–Lévis.

M. Blaney estime que la Marine royale canadienne a besoin d’un nouveau pétrolier ravitailleur à l’image du navire Astérix qui avait été livré en 2017 par Davie. Il s’agissait du premier grand navire militaire construit au Canada depuis plus d’un quart de siècle.

650 millions $

Rappelons que depuis plusieurs années, le chantier maritime de Lévis propose à Ottawa de construire le jumeau de l’Astérix, baptisé l’Obélix, mais en vain. La facture pour l’Astérix avait été de 650 millions $. Davie avait alors transformé un porte-conteneurs commercial en pétrolier ravitailleur équipé à la fine pointe de la technologie.

Lors des travaux, l’entreprise lévisienne comptait près de 1400 travailleurs. Ils sont aujourd’hui environ 500, en raison d’une baisse dans le carnet de commandes. Selon nos informations, le contrat pour la construction de l’Obélix pourrait osciller aujourd’hui aux alentours de 500 millions $.

«Rien de concret»

Par ailleurs, s’il remporte les élections, le Parti conservateur du Canada refuse de dire s’il poursuivrait le travail entamé par les libéraux pour intégrer un nouveau joueur dans la Stratégie nationale de construction navale. Actuellement, Seaspan de Vancouver et Irving d’Halifax sont les entreprises impliquées.

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Ce nouveau partenariat avec Ottawa pourrait rapporter des milliards de dollars – pour la construction de six nouveaux brise-glaces pour la Garde côtière – à l’entreprise sélectionnée et assurerait du boulot pour au moins deux décennies.

«Ce à quoi on s’engage, c’est de confier des contrats pour des navires de la Garde côtière et de la Marine royale canadienne», note le député conservateur, écorchant au passage la troupe de Justin Trudeau. «Une promesse d’intégrer la stratégie navale, il n’y a rien de concret là-dedans. Il faut après entamer un processus. Dans un premier temps, nous, nous voulons faire des contrats gré à gré», dit-il.

Au cours des dernières semaines, le dossier pour dénicher un troisième chantier maritime a fait couler beaucoup d’encre. Le fédéral a repoussé à deux reprises la date de fermeture pour soumissionner et les critères de sélection ont aussi été révisés.

Se plaignant de favoritisme envers Davie, le chantier ontarien Heddle Marine a également déposé une plainte auprès du Tribunal canadien du commerce extérieur.

L’ASTÉRIX EN QUELQUES CHIFFRES

  • 182,5 m : la longueur, soit deux terrains de football
  • 25,2 m : la largeur
  • 20 à 25 nœuds : la vitesse
  • 7000 tonnes : le carburant transporté
  • 2 ans : la durée du chantier
  • 650 M$ : le coût du projet
  • L’Obélix serait son jumeau.