/entertainment/opinion/columnists
Navigation

Patrick Bruel dans la tourmente

Coup d'oeil sur cet article

Encore une histoire d’inconduite sexuelle. Et encore un cas de lynchage et de procès sur la place publique.

Le nom de Patrick Bruel avait à peine commencé à circuler dans cette histoire d’« exhibition et harcèlement sexuel » que déjà les hyènes se déchaînaient. Les réseaux sociaux jouaient leur rôle de nouveau tribunal. On est passé de la Bruelmania à la Bruelparia en quelques clics.

MAUVAIS GOÛT

Sur les égouts sociaux, ces déversoirs de haine et de médisances, des cabochons ont fait des blagues sur le titre de son dernier album, en complétant allègrement la phrase : « Ce soir on sort... » (insérez ici différentes parties de son anatomie). C’est là qu’on voit que les réseaux sociaux ne sont pas toujours la place des grands hommes.

On a eu droit à une quantité effarante de commentaires antisémites. Il y en a même qui font des parallèles douteux entre Harvey Weinstein, Jeffrey Epstein et Bruel.

On a eu droit à des « On dit que », des « Il paraît que... ». On a aussi droit à des « On le sait bien, les gens connus se croient tout permis » et à des « Impossible, mon beau Patrick ne ferait jamais une chose pareille ».

Les deux sont aussi condamnables.

Je pose toujours la même question : « Vous savez mieux que tout le monde ce qu’il s’est passé ? Vous avez des informations privilégiées sur les événements ? Vous étiez dans la salle, camouflé derrière une plante verte, déguisé en pot d’huile de massage ? Vous avez eu accès à des caméras de surveillance ou à des micros dissimulés sous le matelas ? »

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Les deux seules personnes qui savent ce qu’il s’est passé sont les deux personnes qui étaient présentes dans cette pièce, pendant un massage, avant un concert, le 9 août, en Corse.

Tout le reste n’est que spéculation, ragots et jugements à l’emporte-pièce.

D’un point de vue, disons sociologique, les réactions extrêmes à l’affaire Bruel sont terriblement révélatrices. Quand une personnalité publique qu’on n’aime pas se fait accuser ou soupçonner, ses ennemis s’en donnent à cœur joie en piétinant allègrement la présomption d’innocence. Et quand une personnalité publique qu’on adore est pointée du doigt, ses fefans la défendent aveuglément sans se badrer non plus de détails comme... la vérité. Même si elle/il est trouvé coupable, les fefans la/le défendront bec et ongles.

Patrick Bruel a toujours été porté par une foule en délire. On se rappelle les années folles de la Bruelmania.

Ce qui m’a toujours frappé dans le cas Bruel, c’est sa capacité à durer, à conserver sa place. J’ai toujours été admirative de ce que cet artiste avait réussi à accomplir en étant doué dans deux domaines : la chanson et le cinéma.

Mais plus on atteint les hauts sommets, plus on tombe de haut. L’ampleur de la chute est directement proportionnelle à la hauteur des sommets.

QUI A LE DROIT ?

En attendant, et tant que la police française n’aura pas terminé son enquête et rendu son rapport, tout le monde devrait se garder une petite gêne.

Juger de la culpabilité ou non de Patrick Bruel avant que les faits soient confirmés... qui a le droit de faire ça ?