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SNC-Lavalin: les chefs conservateur et néodémocrate exigent la levée de la confidentialité du cabinet

SNC-Lavalin: les chefs conservateur et néodémocrate exigent la levée de la confidentialité du cabinet
AFP

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OTTAWA | Le chef conservateur Andrew Scheer et celui du NPD Jagmeet Singh ont demandé mercredi au premier ministre Justin Trudeau de lever le privilège de confidentialité du cabinet, afin de permettre à la police de faire la lumière sur une possible entrave à la justice concernant une intrusion politique dans une poursuite concernant la firme SNC-Lavalin.  

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«Justin Trudeau ne veut pas lever le privilège parce qu’il a quelque chose à cacher», a dit M. Scheer lors d’un point de presse à Ottawa avant de s’envoler au Québec pour lancer sa campagne, mercredi matin. 

De son côté, le chef du NPD a réitéré qu’une commission publique d’enquête devrait être mise sur pied pour faire la lumière sur cette affaire. «Je suis déçu, a dit Jagmeet Singh lors du lancement de sa campagne à London en Ontario. Les Canadiens veulent la vérité, mais il y a de plus en plus de barrières mises par le premier ministre.» 

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Enquête de la GRC 

Le «Globe and Mail» a révélé mercredi que la Gendarmerie royale du Canada mène une enquête concernant une possible entrave à la justice concernant le dossier de SNC-Lavalin, mais que ses efforts se heurtent au refus du gouvernement Trudeau de permettre à des acteurs clés de s’exprimer en raison de la confidentialité des délibérations du cabinet. 

Ceci veut dire que des gens impliqués dans ce dossier ne peuvent pas parler à la police ou remettre des documents en vertu de cette règle qui permet aux ministres de discuter de tout sujet de manière privée. Par conséquent, toutes les discussions qui ont eu lieu au cabinet concernant la firme d’ingénierie montréalaise doivent rester secrètes à la suite de la décision du greffier du Conseil privé, a rapporté le quotidien torontois. Le Bureau du premier ministre affirme qu’il n’a joué aucun rôle dans cette décision. 

Mais le chef conservateur ne le croit pas du tout. 

«Justin Trudeau a le pouvoir de lever le privilège», a dit M. Scheer, qui reproche au chef libéral d’avoir menti à plusieurs reprises dans cette affaire. 

«C’est une question d’intégrité, a-t-il ajouté. Il a perdu l’autorité morale de gouverner.» 

Lors de son enquête sur cette affaire, le commissaire à l’éthique Mario Dion s’était aussi heurté à la question du privilège de confidentialité du cabinet. 

Appelé à dire s’il avait l’intention de renverser la décision du greffier du Conseil privé quant au secret du cabinet, mercredi, le premier ministre Trudeau a répondu par la négative après plusieurs circonvolutions. 

«Nous respectons toujours les décisions faites par notre fonction publique et nous respectons la décision du greffier du Conseil privé», a-t-il dit. 

«Nous avons suspendu le secret du cabinet de façon la plus extensive dans l’histoire du Canada», a-t-il ajouté en faisant référence au décret qui a permis à l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould de livrer sa version des faits dans l’affaire SNC-Lavalin. 

Mario Dion avait conclu en août que M. Trudeau a contrevenu à la Loi sur les conflits d’intérêts en faisant indûment pression sur la ministre Jody Wilson-Raybould pour qu’elle intervienne afin d’éviter un procès au géant de l’ingénierie SNC-Lavalin. 

SNC-Lavalin fait face à la justice pour avoir versé de présumés pots-de-vin en Libye durant les années 2000. 

- Avec la collaboration d'Émilie Bergeron 

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