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Le CH: retrouver ses racines

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C’est un ancien du Canadien qui me l’expliquait : « Ils ne savent plus quoi faire. Ils sont paniqués. Ce n’est pas normal qu’aucun joueur de qualité n’ait même passé proche de venir jouer à Montréal pendant l’été ». Le ton ne jugeait pas. Le ton était passionné. Le ton de quelqu’un qui a mal à son Canadien.  

« Suffit de parler à des agents ou à des gens du hockey. Les bons joueurs disponibles qui ont 25 ou 26 ans sont déjà assurés de toucher tous leurs millions. Que ce soit à Montréal ou ailleurs. À cet âge, ils ont une blonde ou une femme. Parfois un enfant. Les temps ont changé et ces jeunes femmes ont leur mot à dire. Bien plus qu’à une certaine époque. Le joueur part sur la route, il vit au sein de l’équipe, c’est pas si pire. Mais la femme, elle, pensez-vous une seconde que ça lui tente de venir s’enfermer à Montréal, dans la neige et le froid, dans une ville qui parle français et avec une fiscalité qui enlève la moitié du salaire de son chum ? Ce qu’elle veut, c’est le soleil et un environnement où elle sera à l’aise », d’ajouter cet ancien du Canadien.   

  • ÉCOUTEZ Réjean Tremblay qui affirme que le Canadien est «une équipe de losers» qui «ne veut plus de joueurs francophones», à l'émission Franchement dit à QUB radio:  

  

Qui a joué pour le Tricolore ?  

Ce cauchemar pour le Canadien, c’est à partir de Bob Gainey qu’on l’a favorisé. En éradiquant le fait français dans l’équipe pour mieux contrôler les journalistes, Gainey, puis Pierre Gauthier encore plus fort que le Bo, ont préparé la venue de Marc Bergevin. Le grand maître de l’omerta et du contrôle.  

Encore bien pire, à part des emplois mineurs dans la hiérarchie occupés par Serge Boisvert et Donald Audette, Bergevin et ses sbires n’ont jamais joué pour le Canadien. Aucun des boss de l’organisation.  

Comment voulez-vous qu’ils aient une idée de ce qu’est le vrai Canadien de Montréal, ils n’ont jamais porté l’uniforme et en plus, ils tentent d’éloigner les anciens des joueurs actuels ?  

Quand Stéphane Richer racontait hier aux Partants que Victor Mete se demandait c’était qui ce grand gaillard qui signait des autographes près de lui, il était pissant. Mais dans le fond, il était encore plus tragique : « Victor Mete s’est approché. Il m’arrivait au chest. Un bon petit gars, il n’avait aucune idée de qui j’étais », de dire Richer.  

Pour Victor, juste pour Victor, Stéphane Richer est le dernier marqueur de 50 buts du Canadien de Montréal. Et il l’a fait deux fois.  

La solution à long terme pour régler le problème de Montréal, du français et des taxes, serait de repêcher le plus de francophones possible. À talent égal, le franco devrait avoir priorité. Ailleurs dans la LNH, à talent égal, on prend l’anglo ou l’Européen qui n’en a rien à cirer du français.  

Pour arriver à recréer ce noyau essentiel qui permettrait à cette grande organisation de se reconnecter avec le hockey québécois.  

Que Montréal redevienne un plus  

Le hockey québécois ne fournit plus autant de joueurs à la Ligue nationale. Mais il faut rappeler que depuis 20 ans, les Nordiques sont partis à Denver et que Trevor Timmins a négligé volontairement tout le talent québécois.  

Dans une ligue où le français est un obstacle supplémentaire, si le Canadien ne fait pas confiance aux Grenouilles, qui va le faire ? Et cette éradication pèse de haut en bas du hockey québécois. C’est naturel et c’est dans l’ordre des choses.  

Le Canadien jouissait d’un extraordinaire avantage social. C’était la seule organisation dans le hockey où la moitié de ses joueurs faisait partie d’une nation distincte. Ce n’était pas le cas pour les Canadiens anglais, les Américains, les Suédois et tous les autres. L’énergie venait de la population et portait les joueurs.  

En 2019, un bon joueur franco de 26 ans va hésiter à revenir dans le bordel actuel qui s’appelle le Canadien de Montréal. Il sera isolé, sera coincé pour satisfaire l’appétit de 10 médias francophones et subira une pression épouvantable.  

Mais quand il se retrouvera au sein d’un groupe « normal » et que la pression sera répartie sur tout le groupe, on va retrouver peu à peu l’identité de l’équipe.  

Et la fille de Baie-Comeau sera heureuse de retrouver l’hiver, le français, sa tévé et ses parents et amis. Restera à sacrer après les impôts.  

Montréal redeviendra un avantage au lieu d’être un épouvantable handicap.  

Une solution à long terme  

Mais ce que je viens d’écrire n’arrivera pas. Je ne suis pas naïf. Trevor Timmins va continuer à mépriser tout ce qui patine en français, Marc Bergevin va continuer à rêver aux coupes de ses anciens Blackhawks et Geoff Molson va sourire et être optimiste.  

Des fefans et des calinours vont hurler fort qu’ils se sacrent que le pousseux de puck soit Chinois ou Turc, « pourvu qu’on gaaaaaagne » sans se demander pourquoi leur CH et leur Rocket ne gaaaaagnent jamais.  

On va avoir une belle saison.  

Être libéré du Canadien  

J’ai rarement entendu une déclaration aussi directe, franche, vraie et courageuse par un gars de beat au cours des 15 dernières années.  

Jonathan Bernier participait à l’édition du midi des Partants hier. Il terminait son intervention déjà substantielle et articulée quand il a conclu : « Pour dire la vérité, c’est quand le Canadien ne participe pas aux séries ou qu’il est éliminé que je commence à avoir du plaisir à pratiquer mon métier. C’est une libération, un poids sur les épaules de ne plus avoir à supporter la lourdeur et la peur dans l’entourage du Canadien. On retrouve les autres Québécois partout dans la ligue. Ils sont heureux de nous rencontrer, ils savent qu’on transmet les nouvelles aux fans et aux parents du Québec. Ils n’ont pas peur. Je retrouve le plaisir de travailler », de dire en substance Bernier.  

Au pays de Poutine  

Parce qu’il retrouve ses réflexes de journaliste et qu’il peut raconter de bonnes histoires pour ses lecteurs.  

Andrei Markov a joué 14 ans à Montréal. Il a fallu que Jo Bern se rende à Kazan, à trois heures de Moscou, pour que Markov commence enfin à parler.  

Au pays de Poutine. Vous trouvez ça normal ?  

Tôt ou tard, ça va péter...