/entertainment/stage
Navigation

L’Énéide: chercher sa terre

L’Énéide: chercher sa terre
PHOTO COURTOISIE, Yanick Macdonald

Coup d'oeil sur cet article

Fuir la guerre et ses horreurs. Pas seulement pour survivre et vivoter, mais partir pour s’établir, pour créer une vie nouvelle face à celle qui a été enlevée. Voici l’histoire racontée au Théâtre de Quat’Sous dans la pièce L’Énéide, écrite et mise en scène par Olivier Kemeid.

Un récit actuela

Créé et joué pour la première fois en 2007 à l’Espace Libre, ce texte est toujours d’actualité, puisque la question des réfugiés ne s’estompe pas. Il s’inspire de l’épopée antique d’Énée, un Troyen qui a dû quitter avec les siens sa patrie mise à feu et à sang pour se réfugier en Italie, dans ce qui deviendra l’Empire romain. Cette pièce porte d’ailleurs le nom de l’œuvre de Virgile.

Cette production a aussi pour source l’histoire familiale d’Olivier Kemeid, dont le grand-père a quitté Le Caire en 1952, lors des événements qui ont mené à la prise de pouvoir de Nasser et à la fin de l’occupation britannique en Égypte.

Ce sombre récit se déroule dans un cadre contemporain avec son camp de réfugiés, la bureaucratie qui met la vie des migrants «sur pause» et des touristes tout surpris de voir des naufragés s’échouer sur leurs pieds à la plage. Elle inclut aussi des références au monde antique, par exemple les dieux et le monde des morts. Ce mélange offre un portrait complexe qui transporte le spectateur dans de multiples endroits. Comme pour le réfugié qui avance à grands pas sans regarder en arrière, les tableaux se succèdent généralement rapidement, sans toutefois être très développés.

Distribution multiethnique

Laissant sa femme morte (Mounia Zahzam), Énée (Sasha Samar) fuit avec son bébé, son père (Igor Ovadis) et son grand ami (Étienne Lou) le pays dévasté par l’ennemi. Marie-Ève Perron, Anglesh Major, Olivia Palacci, Luc Proulx, Philippe Racine, Mounia Zahzam et Tatiana Zinga Botao viennent compléter la distribution, en défendant plusieurs rôles. Une production résolument multiethnique, à l’image de la diversité de ceux qui fuient l’oppression. 

Le texte est parfois exigeant, ponctué de monologues. Pour certains comédiens, l’émotion devant être véhiculée n’est donc pas au rendez-vous. De plus, dans une histoire qui nous fait vite sauter d’un épisode à l’autre, le sort de ces âmes en peine laisse parfois un peu froid.

Malgré les morts et la violence, la pièce se termine sur une note d’espoir, celle d’une vie nouvelle avec, à la clef, la terre tant cherchée.

L’Énéide est présentée au Théâtre de Quat’Sous jusqu’au 28 septembre.