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Procès d’Ugo Fredette: «C’est infiniment triste, il était tellement bon»

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 SAINT-JÉRÔME | La fille de la seconde victime alléguée d’Ugo Fredette savait que sa vie allait changer à tout jamais lorsqu’elle a appris que son père était porté disparu, en septembre 2017.  

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 « Je ne savais pas ce qui était arrivé à mon père, mais probablement qu’on lui avait fait du mal, alors que lui ne ferait pas de mal à une mouche. C’est infiniment triste, il était tellement bon », a raconté ce matin Jennifer Lacasse, en larmes.  

 La femme de 37 ans a décrit au jury les heures d’angoisse qu’elle a vécues en apprenant que son père Yvon était manquant, le 15 septembre 2017.  

 Ugo Fredette aurait battu à mort l’homme de 71 ans la veille, à Lachute, afin de lui voler son véhicule.  

 L’accusé de 43 ans aurait également poignardé sa conjointe Véronique Barbe à 17 reprises, avant de prendre la poudre d’escampette avec un enfant de 6 ans ayant assisté à la scène. Une alerte Amber a été déclenchée par la suite.  

 Fredette aurait quitté la résidence de Saint-Eustache, où le corps de Mme Barbe a été découvert, en fin de journée, le 14 septembre 2017.  

 Il aurait fui à bord d’un F250 blanc muni d’une remorque, qu’il utilisait dans le cadre de son travail.  

 Moins d’une heure plus tard, l’accusé s’en serait pris à Yvon Lacasse à la halte routière située à la jonction des routes 158 et 329, à Lachute.  

 « Mort d’inquiétude »  

 Jennifer Lacasse a appris le lendemain matin que son père n’était pas rentré chez lui la veille.  

 Le conjoint de M. Lacasse, Mario Lamoureux, était « mort d’inquiétude » que celui qui partageait sa vie depuis 20 ans ait découché sans avertissement, a-t-il témoigné hier, au palais de justice de Saint-Jérôme.  

 « C’est la panique [dans ma tête] parce que je sais qu’il se passe quelque chose », a souligné Mme Lacasse.  

 Celle-ci a alors contacté tous ceux qui pourraient avoir vu son père, dans l’espoir qu’il ait simplement dormi chez un proche après une soirée un peu trop arrosée.  

 Ses sœurs, son fils, ses amis : personne n’avait vu Yvon Lacasse.  

 Sa fille s’est également rendue dans quelques endroits où le septuagénaire avait l’habitude d’aller, mais il n’y avait aucune trace de lui.  

 « Mauvais feeling »  

 En passant près de la halte routière, où son père avait l’habitude d’aller pour lire, un important déploiement policier a suscité « un mauvais feeling » chez Jennifer Lacasse.  

 « J’ai hurlé à mon chum d’arrêter. Ça ne marchait pas, c’était improbable, impossible que mon père ne soit pas là », a-t-elle laissé tomber.  

 Sur place, elle a fait part à un policier de la disparition anormale de son père. Les enquêteurs lui ont alors fait visionner des images de caméra de surveillance sur lesquelles on pouvait voir le véhicule de son père quitter la halte routière.  

 F250 abandonné  

 Les limiers ont passé la scène au peigne fin à la recherche d’indices qui permettraient de retrouver Yvon Lacasse.  

 Les enquêteurs ont notamment remarqué des taches rouges s’apparentant à du sang sur le sol près du F250 abandonné ainsi que sur la porte du conducteur, a détaillé ce matin la sergente de la Sûreté du Québec France Labbé.  

 Il y en avait également à l’intérieur, sur le volant et sur un accoudoir, a poursuivi la policière.  

 Des circulaires et des brochures ensanglantées ont aussi été découvertes dans une poubelle située devant le camion.  

 Mais les policiers n’avaient toujours aucune trace d’Yvon Lacasse, d’Ugo Fredette ou de l’enfant recherché.  

 Battue pour le retrouver  

 Incapable de se résoudre à attendre dans l’incertitude, Jennifer Lacasse a organisé une battue le lendemain matin, à proximité de la halte routière de Lachute.  

 « On va marcher tant et aussi longtemps qu’il faudrait, mais il faut le retrouver », a-t-elle écrit sur sa page Facebook.  

 Le corps d’Yvon Lacasse a finalement été retrouvé six jours après sa disparition, dans un boisé des Laurentides. La dépouille était dans un état de putréfaction avancée, d’après ce qu’a mentionné la Couronne dans son exposé d’ouverture la semaine dernière.  

 Ugo Fredette a quant à lui été arrêté en Ontario, au terme d’une poursuite policière.  

 Le procès présidé par la juge de la Cour supérieure Myriam Lachance doit durer deux mois, au palais de justice de Saint-Jérôme.  

 La Couronne est représentée par Mes Steve Baribeau, Karine Dalphond et Alexis Marcotte-Bélanger, tandis que Me Louis-Alexandre Martin représente l’accusé.