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«Le Prodige» de Louis Caron: bâtir le Québec avec fierté

Louis Caron
Photo courtoisie, Simon Ménard Louis Caron

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Inspiré par la ténacité et le caractère visionnaire de ses ancêtres Caron, des architectes de renom ayant bâti un grand nombre d’églises et de bâtiments d’importance dans la région de Nicolet, l’écrivain Louis Caron poursuit la trilogie du Temps des bâtisseurs en racontant un nouvel épisode de la vie des Saintonge dans Le Prodige.

En 1865, les Saintonge père et fils, tous deux prénommés Frédéric, quittèrent les États-Unis pour revenir s’établir à Arthabaska, joyau du territoire des Bois-Francs.

En 20 ans, ils ont dessiné les plans et construit un hôpital, un collège, un couvent, un palais de justice, une église. Ils ont aussi construit les maisons de prestige des notables de la région, dont celle de Wilfrid Laurier, futur premier ministre du Canada.

Au fil des ans, la renommée des Saintonge s’étend au-delà des limites des Bois-Francs et le premier évêque du nouveau diocèse de Nicolet souhaite faire appel à leurs services pour édifier une cathédrale, un évêché et de nombreuses églises. Leur réussite ne fait pas plaisir à tout le monde...

Louis Caron a rendu hommage à ses ancêtres bâtisseurs dans ce deuxième tome de la série. «Mon grand-père, mon arrière-grand-père plus un ou deux de leurs apparentés, à partir de Nicolet, en 30 ans, ont bâti 111 églises. Les Saintonge sont des personnes qui leur ressemblent – ils s’appelaient, comme moi, Louis Caron, de père en fils», note l’écrivain, en entrevue.

Il raconte donc, en partie, l’histoire de sa famille, «en m’amusant à la transformer, en ajoutant ce dont j’avais besoin pour accentuer le développement dramatique, en allant chercher des éléments-surprises pour retenir le souffle des lecteurs... Mais globalement, ils ont été des bâtisseurs, aux endroits où je les situe dans l’œuvre.»

Enthousiasme profond

En faisant ses recherches, il a constaté que la région des Bois-Francs aurait pu devenir un pôle important du développement québécois.

«Ce sont des gens qui se sont lancés à l’assaut de l’avenir avec une foi et un enthousiasme profond, en disant : on va bâtir pour longtemps, nous autres, et à partir d’ici.»

Il fait remarquer qu’à l’époque, les grands édifices se comptaient en nombre d’églises. «Quand ils ont terminé la rue principale d’Arthabaska, où ils avaient bâti toutes les nobles demeures des personnages prestigieux qui y vivaient à l’époque, ils ont cherché ailleurs. Ils voulaient aller plus loin.»

En 30 ans, ses ancêtres Caron ont donc bâti 111 églises, dans le diocèse de Nicolet, dans le bout d’Arthabaska, dans le Bas-du-Fleuve et dans le nord des États-Unis. «Ils sont devenus des bâtisseurs d’une espèce d’empire architectural.»

Les Archives d’Arthabaska

En fouillant dans les Archives d’Arthabaska, Louis Caron a appris comment vivaient les gens à l’époque, ce qu’ils mangeaient, comment ils se déplaçaient.

«J’ai appris quelles étaient leurs ambitions et quelles étaient leurs positions par rapport au clergé, dans certains cas – soumis ou moins soumis. Il y a des trésors qui dorment aux Archives d’Arthabaska – comme dans bien des Archives au Québec – et j’en ai réveillé pas mal!»

  • Louis Caron est né à Sorel en 1942. Il habite à Nicolet.
  • Il a publié la trilogie des Fils de la liberté, la trilogie des Chemins du Nord, Il n’y a plus d’Amérique ainsi que Le visionnaire, premier tome de la série Le Temps des bâtisseurs.
Le Temps des bâtisseurs, tome 2 : Le Prodige, Louis Caron, Éditions L’Archipel, 244 pages
Photo courtoisie
Le Temps des bâtisseurs, tome 2 : Le Prodige, Louis Caron, Éditions L’Archipel, 244 pages