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Gaétan Barrette doit plonger

Gaétan Barrette doit plonger
Photo d’archives

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Cela fait des mois que l’ex-ministre libéral de la Santé trépigne d’envie de sauter dans la course à la direction du Parti libéral du Québec. L’hésitation vient de sa conscience que son passage comme ministre a laissé une impression de matamore incompatible avec le rôle de chef.

Cette même impression négative dans l’opinion publique a aussi eu pour effet de freiner ceux qui auraient eu le goût de l’appuyer. Ceux-ci craignaient que la réputation de Barrette puisse empêcher même que son message soit entendu. Ils se contentaient de murmurer dans les corridors que « pourtant, il a d’énormes capacités ». Tout en se convaincant dans la phrase suivante « qu’il ne peut pas y aller ».

Des nationalistes ?

Les derniers jours ont changé la donne. Sébastien Proulx et Marie Montpetit sont sortis du décor des candidats potentiels. Dans ce qu’on pourrait appeler l’aile plus nationaliste du PLQ de 2019, Gaétan Barrette reste essentiellement l’unique candidat.

Dans l’état actuel de l’opinion publique, le PLQ peut-il se permettre une course sans un candidat plus nationaliste ? Vu l’état lamentable où se trouve le PLQ dans le Québec francophone, ce parti peut-il vraiment se permettre une course sans une voix qui interpelle les nationalistes ? Combien ont quitté le PLQ pour rejoindre la CAQ ces dernières années ?

Gaétan Barrette a commis deux péchés. L’un deux est réel. Son attitude a souvent été arrogante. Sûr de lui et de ses décisions, il a plus d’une fois projeté une image de suffisance et une absence d’écoute. Bien que le principal intéressé considère ce jugement public injuste et exagéré, il est si largement partagé que le bon docteur doit en prendre acte.

Son deuxième péché est d’un autre ordre. Gaétan Barrette s’est fait des ennemis parce qu’il a pris des décisions, parce qu’il a opéré de véritables réformes. La plupart de celles-ci étaient assez valables pour être maintenues par l’actuelle ministre de la Santé, malgré son style fort différent.

Ce bout-là est moins de la faute de l’ex-ministre que de la société québécoise. Nous aimons bien jaser de grands changements autour du comptoir de la cuisine, mais nous sommes plus frileux quand vient le temps de sortir la machinerie lourde. Plusieurs prédécesseurs de Gaétan Barrette à la Santé ont fait des bulles et changé le nom de quelques structures. Ils sont repartis sans avoir réglé quoi que ce soit, mais personne ne leur en tient rigueur.

Qualités évidentes

Gaétan Barrette demeure l’un des tribuns les plus efficaces de l’équipe libérale. Un homme cultivé, avec une réflexion propre et une bonne connaissance du Québec. Il a les réflexes nationalistes qui ont fait défaut au PLQ, lui faisant perdre le lien avec l’électorat francophone.

S’il annonce sa candidature, on sait déjà que la première semaine donnera lieu à un psychodrame sur sa personnalité. Puis il prendra des positions, bâtira un programme, et la discussion évoluera.

Les libéraux qui croient en lui devraient sortir de l’ombre. Le PLQ a besoin de lui dans cette course qui pourrait devenir ennuyeuse.