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Investissement Québec moins transparente sous Pierre Fitzgibbon

La société d’État bénéficiera de plus de «flexibilité» pour gérer ses effectifs

Le ministre Pierre Fitzgibbon (à droite) a donné plus de marge de manœuvre au PDG d’Investissement Québec, Guy LeBlanc (à gauche), pour gérer l’embauche d’effectifs supplémentaires.
Capture d’écran, TVA Nouvelles Le ministre Pierre Fitzgibbon (à droite) a donné plus de marge de manœuvre au PDG d’Investissement Québec, Guy LeBlanc (à gauche), pour gérer l’embauche d’effectifs supplémentaires.

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Alors que le nombre d’employés d’Investissement Québec (IQ) devrait doubler, le gouvernement lui a accordé de nouveaux privilèges pour gérer ses effectifs, indique un décret récemment adopté.

À la mi-août, le conseil des ministres a adopté un décret qui soustrait la société d’État à la majorité des articles de la Loi sur la gestion et le contrôle des effectifs.

Il permettra notamment à IQ de cesser de publier dans son rapport annuel «le niveau de ses effectifs et sa répartition par catégories d’emploi». Les verrous qui resserraient le recours à des consultants externes ont également été éliminés.

L’objectif est de donner à IQ plus d’autonomie et de «flexibilité» dans son mandat de développement économique, a indiqué le cabinet du ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon, qui est à l’origine de ces changements.

«IQ pourra donc adapter plus rapidement ses effectifs à ses objectifs d’affaires», a affirmé l’attaché de presse Mathieu St-Amand dans une déclaration écrite à notre Bureau d’enquête.

Adoptée en 2014 sous l’impulsion du président du Conseil du trésor d’alors, Martin Coiteux, la loi devait permettre au gouvernement de mieux contrôler le coût des ressources humaines des ministères, sociétés d’État et organismes gouvernementaux.

Fusion

Au cours des dernières années, le nombre d’employés d’IQ n’a cessé d’augmenter, plus particulièrement celui des cadres. Ces chiffres sont appelés à gonfler davantage avec le dépôt, en juin, d’un projet de loi pour fusionner une partie du ministère de l’Économie avec la société d’État.

Le nouveau président-directeur général d’IQ, Guy LeBlanc, a déjà estimé que le nombre d’employés d’IQ devrait doubler, pour s’élever à 1000, l’an prochain.

En vertu du nouveau décret, M. LeBlanc aura toute la latitude de veiller, avec le conseil d’administration, à «la bonne gestion des effectifs», a confirmé M. St-Amand.

Pour trois ans

Cette «flexibilité» supplémentaire est en vigueur jusqu’au 21 août 2022, indique le décret. Selon le cabinet de M. Fitzgibbon, «une évaluation des résultats sera faite» à cette date pour déterminer s’il doit être renouvelé ensuite.

Le Conseil du trésor a indiqué qu’aucun autre ministère ou société d’État n’a obtenu de privilège comparable à celui qui est accordé à Investissement Québec. Seuls les établissements privés conventionnés visés par la Loi sur les services de santé et les services sociaux ont bénéficié de la même exemption, a précisé le Conseil du trésor.

Tous ces changements font suite à l’injection par le gouvernement d’une somme de 1 milliard $ dans le capital d’IQ, ce qui a porté ses fonds propres à 5 milliards $.

ÉVOLUTION DES EFFECTIFS D’INVESTISSEMENT QUÉBEC

  2017 2018 2019 Variation
Gestionnaires 51 88 96 + 88%
Professionnels 246 260 282 + 14 %
Juristes 11 11 11 --
Techniciens 84 88 81 - 4 %
Personnel adm. 72 68 64 - 12 %
TOTAL 464 515 534 + 15 %

Source : Rapport annuel d’IQ