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L’accès à l’aide à mourir encore trop difficile

Des patients sont mal informés, déplore un médecin

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 Même si l’aide médicale à mourir est légale au Québec depuis 2015, et malgré un jugement qui en a élargi la portée cette semaine, des patients se voient encore « injustement » refuser ce type de soin, déplore un médecin de Québec. 

 Bien que la loi québécoise permette aux médecins de ne pas administrer l’aide médicale à mourir (AMM), certains se soustraient à leur obligation d’informer les patients de leurs droits, soit par conviction religieuse ou pour des raisons « de nature idéologique », affirme le Dr Alain Naud, médecin au CHU de Québec. 

 « J’ai eu connaissance de plusieurs patients qui se sont fait injustement refuser l’aide médicale à mourir et à qui on a donné comme prix de consolation, je le dis avec de gros guillemets, une sédation palliative, et on n’expliquait pas toujours pour quelle raison, ou on donnait de mauvaises raisons », dénonce celui qui a évalué plus de 100 patients ayant demandé l’AMM à ce jour. 

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 Selon lui, l’accès à l’AMM demeure aussi trop inégal entre les régions du Québec, plusieurs années après son implantation. 

 Raison religieuse 

 Le Dr Naud dit ne pas s’étonner du témoignage d’un résident de Québec, Stéphan Racine, qui s’est confié au Journal pour dénoncer une situation vécue par son père. M. Racine soutient qu’un médecin a refusé l’AMM à son père souffrant en raison de ses croyances religieuses. 

 « De ce que j’en comprends, le médecin, dans ses convictions à lui, il n’était pas d’accord avec ça. Il ne voulait plus le faire. Et plutôt que de le référer à un autre médecin, il lui a juste dit : moi, je ne peux pas le faire », relate M. Racine, qui souhaite que les mentalités évoluent dans le milieu médical. 

 Trop souffrant, son père a fini par demander à être plongé dans un coma artificiel, et ce, dans la précipitation, déplore-t-il. Il est décédé le 14 juin à Roberval. « [Un docteur] a le droit de refuser de faire l’acte, mais il n’a pas le droit de le refuser [au patient]. Il n’a qu’à l’adresser à quelqu’un d’autre », demande-t-il.