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«Les Louves»: discussions féminines de vestiaire

«Les Louves»: discussions féminines de vestiaire
PHOTO COURTOISIE/Yanick Macdonald

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Les discussions de vestiaire ont toujours été l’apanage des gars. Mais les temps changent et les filles aussi font du sport, motivées par la joie de le pratiquer et le rêve d’accéder à une certaine gloire. C’est donc ce que la pièce «Les Louves» présente à l’Espace Go à Montréal. 

Sur scène, neuf adolescentes échangent, se taquinent, se lancent des pointes sur mille et un sujets en se réchauffant avant des matchs de soccer. 

«Les Louves»: discussions féminines de vestiaire
PHOTO COURTOISIE/Yanick Macdonald

Actrices fortes 

Interprétées avec justesse par Claudia Chan Tak, Claudia Chillis-Rivard, Leïla Donabelle Kaze, Célia Gouin-Arsenault, Stephie Mazunya, Alice Moreault, Noémie O’Farrell, Elisabeth Smith et Zoé Tremblay-Bianco, ces femmes en devenir nous plongent dans leur univers. 

La force de cette pièce réside dans le réalisme que réussissent à transmettre ces jeunes comédiennes, surtout grâce à leur façon de s’exprimer dans ce texte de l’Américaine Sarah DeLappe, traduit de l'anglais avec par Fanny Britt. Témoin d'une scénographie efficace orchestrée par la metteuse en scène Solène Paré, le spectateur devient le témoin privilégié de leur dynamique de groupe sur le terrain avant les parties. 

L’action est donc bien campée. Chacune s’est créée une carapace, car la compétition est de mise aussi bien sur le terrain qu’à l’extérieur. 

On apprend à connaitre la nouvelle qui veut faire sa place, mais qui n’a pas les outils pour y parvenir, la gardienne introvertie, la leader à la fois charismatique et négative, la défenseure idéaliste manquant de confiance en elle, etc. 

Malgré l’amitié qui règne, cette meute est donc aussi impitoyable de l’intérieur que face à l’adversaire. 

«Les Louves»: discussions féminines de vestiaire
PHOTO COURTOISIE/Yanick Macdonald

Du coq à l’âne 

Les discussions passent souvent du coq à l’âne, comme dans la vraie vie. Certaines questions abordées, comme les Khmers rouges ou la torture en Irak, surprennent, tandis que l’absence quasi-totale de référence aux garçons et à l’école (profs et matières scolaires) enlève un peu de réalisme, si on y réfléchit après coup. 

Bref, ce spectacle se veut plus une tranche de vie de l’existence de ces jeunes qu’une trame forte avec de l’action et des rebondissements. Et parce qu'elles sont nombreuses et presque toujours ensemble sur scène, les protagonistes sont peu développées. Des bribes d’informations surgissent ici et là sur leur caractère ou leurs préoccupations, mais sans plus. 

Loin de susciter de grandes réflexions philosophiques ou des émotions marquantes, cette oeuvre offre tout de même un bon cliché d’une génération, dans un monde où les femmes sont appelées à prendre davantage de place. 

Elle met aussi en scène la fragilité du moment présent, celui du groupe et de ses individus. 

La pièce «Les Louves» est présentée jusqu’au 10 octobre à l’Espace Go.