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Quand la politique passionnait

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Il y a 25 ans, le 12 septembre 1994, Jacques Parizeau, à la tête du Parti québécois, remportait les élections. L’époque était fébrile, les militants nombreux, et convaincus, surtout, de se battre pour une cause dépassant leur existence individuelle. Les électeurs eux-mêmes savaient qu’ils s’engageaient dans une grande aventure collective. Le 30 octobre 1995, un an plus tard, ils allaient se mobiliser en masse pour le référendum.

Parizeau

Ils furent près de 95 % à se présenter aux urnes pour décider du destin du Québec. Nous sommes passés à 50 000 votes d’avoir un pays. Cette défaite est une des grandes tragédies de notre histoire, même si nous peinons à l’admettre.

Comme qui dirait, cela fait longtemps. La vie politique, depuis, s’est considérablement asséchée. Même si, de temps en temps, nous retrouvons le sens du collectif, comme on l’a vu avec le combat pour la laïcité, globalement, la politique s’est perdue dans les considérations gestionnaires. On le voit avec les élections fédérales qui commencent. Les partis additionnent les clientèles et espèrent se faire élire, mais on ne sent plus la ferveur que seul un grand idéal peut faire naître. La cause environnementale passionne, évidemment, mais elle prend trop souvent la forme d’un écologisme apocalyptique devenant source d’angoisse climatique.

Idéal

On ne peut toutefois faire naître un idéal sur commande. Il doit être porté par des militants convaincus et surgir des profondeurs de la société. Mais quand les militants sont remplacés par des spécialistes en marketing, et que le peuple se fragmente en mille groupes de pression ou lobbies idéologiques, la démocratie se dénature.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Et pourtant, l’être humain, inévitablement, se remet à rêver d’un grand projet, capable de le sortir des calculs médiocres du quotidien. Tôt ou tard, nous renouerons avec un grand idéal. Je ne peux m’empêcher de croire qu’il s’agira du même qui animait Jacques Parizeau.