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Lettres de Cuba: L’édifice en forme de Y

Lettres de Cuba: L’édifice en forme de Y
Photo Jacques Lanctôt

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Lorsqu’il fut inauguré, en juin 1956, l’édifice FOCSA, situé dans le quadrilatère formée par les rues M, N, 17 et 19, dans le quartier Vedado de La Havane, était considéré, avec ses 36 étages, comme le deuxième plus haut édifice en béton armé au monde, après l’édifice Martinelli, à Sao Paulo, au Brésil.

On raconte que lorsque l’Armée rebelle entra dans La Havane, en janvier 1959, ses soldats mal rasés qu’on surnommait avec raison « los barbudos », qui avaient marché des semaines durant depuis Santiago de Cuba, la capitale de l’Oriente cubain, ne pouvaient qu’exprimer leur étonnement devant cette construction avant-gardiste, en y ajoutant quelques expressions de leur cru, qu’on pourrait traduire en langage québécois par un « tabar... » bien appuyé.

Les ingénieurs responsables de sa construction s’étaient inspirés des préceptes de l’architecte Le Corbusier. On voulait en faire une petite ville autosuffisante à l’intérieur de la grande cité, avec ses commerces de proximité, ses restaurants, sa piscine, un théâtre pour enfants et un garage de 500 places, pour desservir quelque 370 appartements de deux chambres ou plus et quelques penthouses. Au départ, le FOCSA devait avant tout servir à héberger les employés d’une chaîne de radio et télévision, dont les studios étaient installés sur place. Trois principes guidaient les constructeurs : la luminosité du soleil, la vue constante sur la mer et la ventilation. Encore aujourd’hui, après plus de 50 ans d’existence, cet édifice emblématique est considéré comme une des sept merveilles de l’ingénierie civile cubaine.

Lettres de Cuba: L’édifice en forme de Y
Photo Jacques Lanctôt

Actuellement, la partie inférieure où se trouvent un bureau de change (Cadeca), les boutiques d’alimentation, de quincaillerie et de vêtements est en rénovation en prévision du 500e anniversaire de La Havane, en novembre prochain. Même chose pour le bar-restaurant du 33e étage, La Torre, qui doit rouvrir ses portes pour cette même occasion. Reste le Café des artistes, à l’intérieur des galeries souterraines, très couru par les vedettes locales, et le restaurant El Emperador (L’Empereur), au rez-de-chaussée, dont a conservé le cachet des années cinquante, un peu à l’exemple du bar El Floridita. On y sert une cuisine internationale tout à fait abordable, au son d’un orchestre de musique traditionnelle. On raconte que c’était le restaurant préféré du président chilien Salvador Allende lorsqu’il séjournait à La Havane.

Si vous venez en novembre prochain, pour les festivités du 500e anniversaire de la ville de San Cristobal, il ne faut surtout pas manquer de monter jusqu’au bar-restaurant La Torre, ne serait-ce que pour y prendre quelques photos impressionnantes de La Havane.