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Retrouver le calme intérieur dans les profondeurs

Scuba diver on coral reef
Photo Adobe Stock

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La plongée, c’est bien plus que pouvoir rester sous l’eau très longtemps sans devoir remonter à la surface pour respirer. C’est aussi une discipline aux propriétés relaxantes qui permet de découvrir les secrets insoupçonnés des fonds marins.

La plongée est un sport encore hautement méconnu, selon Christian Saint-Pierre, propriétaire de la Scubathèque, un centre de plongée de Québec.

« Tout le monde peut pratiquer
la plongée. Il faudrait vraiment
être lourdement hypothéqué pour
ne pas pouvoir en faire », affirme
Christian Saint-Pierre, propriétaire
d’un centre de plongée à Québec,
La scubathèque.
Photo DIDIER DEBUSSCHERE
« Tout le monde peut pratiquer la plongée. Il faudrait vraiment être lourdement hypothéqué pour ne pas pouvoir en faire », affirme Christian Saint-Pierre, propriétaire d’un centre de plongée à Québec, La scubathèque.

Et pourtant, s’évader quelque temps sous l’eau s’avère une thérapie aux nombreux bienfaits, qu’ils soient physiques ou mentaux.

« La plongée, c’est très, très relaxant », lance d’emblée M. Saint-Pierre.

« Sous l’eau, le vide se fait, les plongeurs ne pensent à rien. C’est un environnement paisible. Le seul bruit que t’entends, ce sont les bulles. C’est comme si tu ne faisais qu’un avec ton environnement », poursuit-il.

Scuba diver on coral reef
Photo DIDIER DEBUSSCHERE

La plongée est accessible autant aux jeunes qu’aux personnes plus âgées. Il s’agit d’une discipline où il n’y a pas beaucoup de contre-indications.

« Tout le monde peut pratiquer la plongée. Il faudrait vraiment être lourdement hypothéqué pour ne pas pouvoir en faire », poursuit-il.

Un nouveau plongeur doit toutefois être bien supervisé avant d’entreprendre l’exploration des fonds marins. Une formation théorique et pratique est nécessaire pour bien profiter des profondeurs des eaux.

L’apesanteur

La sensation en plongée s’apparente à celle vécue chez un astronaute en orbite, soit l’apesanteur. Chez plusieurs adeptes de la plongée, c’est le mot qui revient le plus souvent lorsque vient le temps de dire ce qu’ils aiment de cette discipline, selon M. Saint-Pierre.

« Ma première plongée m’a fait triper. L’apesanteur, c’est super, tu n’as pas à te soulever, tu flottes », lance Noah Garant, un jeune plongeur de 13 ans.

« J’aime beaucoup être dans le fond et quand on doit adapter nos oreilles à la profondeur. Et en apesanteur, c’est le fun, tu te sens léger », ajoute son camarade, Maxence Racine, 14 ans.

Après une séance de plongée, les participants se disent très détendus. « C’est comme si j’avais fait 10 séances de yoga d’affilée », illustre Yannick Marceau.

Scuba diver on coral reef
Photo DIDIER DEBUSSCHERE

Inutile de se rendre dans les destinations exotiques pour savourer les trésors marins. Selon M. Saint-Pierre, le plus beau site de plongée en eau douce dans le monde, c’est au Québec qu’il se trouve.

« Les gens n’ont aucune idée de toutes les richesses qui peuvent se retrouver dans l’eau. Une des places dans le monde où l’on retrouve le plus de couleurs sous l’eau, c’est aux Escoumins, et les gens ne le savent pas », indique-t-il.

La Base de plongée
des Escoumins est très
populaire, avec les sites
de la Baie des anémones
et de la Crique Est
et Ouest.
Photo courtoisie, les escoumins
La Base de plongée des Escoumins est très populaire, avec les sites de la Baie des anémones et de la Crique Est et Ouest.

La Base de plongée des Escoumins est d’ailleurs très populaire, avec les sites de la baie des anémones et de la Crique Est et Ouest

D’autres trésors

Le fleuve Saint-Laurent et plusieurs plans d’eau de l’Ontario s’avèrent également de vrais trésors pour les passionnés de plongée.

Scuba diver on coral reef
Photo courtoisie, les escoumins

« Le fleuve Saint-Laurent, les lacs Ontario, Érié, Supérieur et Michigan représentent ensemble le plus grand sanctuaire d’épaves en eau douce au monde. On ne retrouve pas ça nulle part ailleurs. Il y a plus de 5000 épaves et la majorité se plonge », termine M. Saint-Pierre.

Où s’initier à la plongée

Plongée sous-marine Nautilus

  • 1545, boulevard Père-Lelièvre, Québec

Plongée Capitale

  • 2700, rue Jean-Perrin, # 190, Québec

La Scubathèque

  • 8155, boulevard Wilfrid-Hamel, Québec

6 endroits où plonger

  • Site de plongée sous-marine de la carrière Flintkote – Thetford Mines
  • Fjord du Saguenay
  • Lac des Piles – Shawinigan
  • Lac Saint-François – Salaberry-de-Valleyfield
  • Bande marine du parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé – Gaspésie
  • Parc Atlas de Pointe-Verte – Nouveau-Brunswick

Suggestions de Frédérick Garand, directeur général de la Scubathèque

Une thérapie efficace pour les blessures physiques et mentales

« J’ai encore mal, mais quand
je plonge, ça fait du bien. »
—Donald Héroux, vétéran
Photo courtoisie
« J’ai encore mal, mais quand je plonge, ça fait du bien. » —Donald Héroux, vétéran

La plongée gagne de plus en plus d’adeptes souffrant de stress post-traumatique, car ils trouvent dans cette discipline une détente et un lâcher-prise qu’ils sont incapables de ressentir ailleurs.

« La plongée a relancé ma vie », lance sans hésitation Donald Héroux, un militaire retraité.

Le vétéran est allé en mission en Afghanistan, en 2009. Comme bien d’autres militaires, il a ramené avec lui blessures et souvenirs qu’il aurait préféré laisser là-bas.

Les traumatismes de sa mission l’ont laissé avec des problèmes d’agressivité, d’insomnie, d’impatience et d’intolérance, en plus de nombreuses douleurs physiques.

« La plongée n’enlèvera pas mes problèmes mentaux et physiques, car un stress post-traumatique, ça ne part pas, on apprend à vivre avec. Mais sous l’eau, il n’y a plus de bruit. Peu importe avec qui je plonge, personne ne sait qui je suis, que j’ai un choc post-traumatique », fait valoir le vétéran.

Il plonge de deux à quatre fois par semaine depuis mars dernier. Ce sport lui a permis d’éliminer les opiacés de son quotidien, lui qui devait prendre près d’une trentaine de pilules par jour.

« J’ai encore mal, mais quand je plonge, ça fait du bien », laisse tomber M. Héroux.

Une meilleure vie sociale

Se retrouver sous l’eau lui a aussi permis de calmer son tempérament.

« Ça t’oblige à ralentir ton souffle et respirer comme il le faut. Les gestes ne sont pas faits rapidement, tout est sous contrôle et plus lent. Dans l’infanterie, c’était toujours go go go, se souvient-il. Ça m’amène à être plus habile socialement, je m’ouvre maintenant à d’autres personnes que des militaires. »

Donald Héroux lors 
d’une mission à l’étranger.
Photo courtoisie
Donald Héroux lors d’une mission à l’étranger.

Ancien militaire, Christian Saint-Pierre, de la Scubathèque a lui aussi vécu des traumatismes. La plongée s’est avérée très bénéfique.

« J’ai été pris en otage en Bosnie pendant plus d’un mois. On ne revient pas tout à fait de ça. Quand on amène des personnes qui souffrent de ce genre de choc dans l’eau, ce ne sont plus les mêmes personnes », fait valoir M. Saint-Pierre.

L’aspect thérapeutique de la plongée est encore peu connu, au Québec, mais celle-ci est de plus en plus exploitée et démontrée, en France, avec le projet DivHope, testé notamment par des survivants des attentats du Bataclan.