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Rien d’autre que des logements sociaux

La Ville sort les dents contre le promoteur du site de l’ancien Hôpital de Montréal pour enfants

Les parties n’arrivent pas à s’entendre sur le prix de vente de l’édifice de logements sociaux.
Photo d’archives, Chantal Poirier Les parties n’arrivent pas à s’entendre sur le prix de vente de l’édifice de logements sociaux.

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 Si le promoteur High-Rise Montréal ne construit pas les 175 logements sociaux promis sur l’ancien site de l’Hôpital de Montréal pour enfants (Montreal Children’s Hospital), il ne pourra pas y faire d’autres logements ou même un autre édifice, a décidé vendredi la Ville de Montréal.  

 Début juillet, notre Bureau d’enquête révélait que les négociations entre le promoteur High-Rise Montréal (HRM) et la Ville dans ce dossier piétinaient.  

 En fait, les parties n’arrivent pas à s’entendre sur le prix de vente de l’édifice de 20 étages qu’il doit construire pour le compte de l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM).  

 Selon nos informations, l’OMHM offrait il y a quelques mois de payer le prix réclamé par HRM il y a deux ans.  

 Les relations sont à ce point mauvaises, que le promoteur songe à remplacer les logements sociaux par des condos ou par un hôtel.  

 « On est à un moment où le promoteur, Philipp Kerub, ne veut pas honorer son contrat social », déplore la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en entrevue avec Le Journal.  

 La Ville prend donc des moyens pour empêcher HRM de passer à son plan B. Une modification au règlement municipal sera déposée cette semaine pour interdire la construction d’un sixième édifice sur le site, sauf s’il s’agit de logements sociaux.  

 « Il est important que, comme mairesse, je me tienne debout pour le logement social. Quand il y a un contrat social, il faut le respecter, ce n’est pas optionnel », tranche Mme Plante.  

 Celle-ci rappelle qu’au moment d’octroyer le permis de construction, en 2017, il était entendu que des logements sociaux seraient construits. « C’était une recommandation de l’Office de consultation publique de Montréal pour qu’il y ait une acceptabilité sociale », martèle la mairesse.  

 Questionnée à savoir si son administration a songé à payer plus cher pour sauver le logement social, Mme Plante dit que « tous les scénarios ont été étudiés ». « Quand on en arrive à une décision comme celle-ci, c’est parce que tout le reste a été évalué. Si M. Kerub veut revenir s’asseoir avec nous, on va être très ouverts », dit-elle.  

 Poursuite possible  

 La mairesse Plante n’a pas voulu s’avancer sur de possibles poursuites judiciaires de la part du promoteur, qui verra en essence son permis de construction modifié.  

 « La Ville de Montréal est dans son droit d’agir de la sorte. Peu importe ce qui se passe, nous, on est prêts et on va aller de l’avant avec ce changement de règlement », soutient-elle.