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Course-poursuite à Montréal: digne d’un film hollywoodien

Course-poursuite à Montréal: digne d’un film hollywoodien
PHOTO MARTIN ALARIE

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L’homme accusé d’avoir blessé deux personnes lors d’une course-poursuite digne d’un film hollywoodien, en plein cœur de Montréal, a laissé entendre ce matin que les policiers auraient dû rebrousser chemin et le laisser aller. 

«Pourquoi est-ce que vous persistiez à maintenir une poursuite dangereuse? Avez-vous suivi un cours? En avez-vous les preuves?» a lancé d’un ton confrontant Sébastien Théodore au premier témoin à son procès, ce matin au palais de justice de Montréal. 

Théodore, 41 ans, fait face à deux accusations de conduite dangereuse causant des lésions à un policier et à une dame qui pelletait son allée, le 18 novembre 2018. 

Selon la preuve que compte présenter la Couronne, vers 11h du matin ce jour-là, Théodore avait été intercepté par la Sûreté du Québec. Mais au lieu d’obtempérer avec le policier, il a plutôt décidé de prendre la fuite au volant de sa Nissan Leaf.

Course-poursuite à Montréal: digne d’un film hollywoodien
MARC ALAIN TRUDEAU-AGENCE QMI

À contresens 

Il a immédiatement été pris en chasse par le patrouilleur, puis par la police de Montréal, dont l’agent Jonathan Vaillancourt, qui a été le premier à témoigner devant le jury. 

«J’ai entendu sur les ondes que la SQ suivait un véhicule puis, en me dirigeant vers l’intersection Rachel et de Lorimier, j’ai croisé une patrouille qui m’a dit de le suivre», a expliqué ce policier. 

S’en est suivie une course-poursuite avec le véhicule du fuyard qui circulait à contresens sur la rue Papineau, qui a tourné dans une rue à une voie en sens interdit, en pleine fin d’avant-midi un samedi. 

Course-poursuite à Montréal: digne d’un film hollywoodien
MARC ALAIN TRUDEAU-AGENCE QMI

«Une voiture de police a dû bloquer une rue pour avertir les piétons et les cyclistes, étant donné qu’on était proche du parc Lafontaine, a-t-il dit. Ça va vite, c’est étroit, la rue est résidentielle.» 

Pour le policier Vaillancourt, il était essentiel d’arrêter l’individu au volant de la voiture. C’est pour cela qu’à un moment, il l’a volontairement percuté. 

«Le but était de l’immobiliser, a-t-il dit. Il a fait un 180 degrés, mais il a continué à prendre la fuite.» 

La course-poursuite s’est donc continuée sur la rue Sherbrooke, en direction est. Mais quand un autre véhicule de police aurait tenté de «mettre en boîte» le véhicule de Théodore, ce dernier aurait donné un coup de volant, projetant la voiture de police vers le trottoir, blessant une dame qui pelletait son entrée. 

«Elle a subi de graves blessures et viendra témoigner», a assuré la procureure de la Couronne Sylvie Dulude. 

Seul devant jury 

Théodore, de son côté, a choisi de se défendre seul, sans avocat. Il est accompagné de proches assis dans la salle d’audience, qui hochent de la tête en signe d’approbation, de façon bien visible pour les jurés, quand il pose des questions au témoin. 

Et en plus d’avoir laissé entendre que la police aurait dû arrêter la course-poursuite, l’accusé a également semblé remettre en question les pouvoirs de la police. 

«À partir de quelle loi prenez-vous votre autorité? Avez-vous prêté serment à Sa Majesté la reine?» a-t-il lancé au témoin. 

Le juge James Brunton a beau avoir dit, devant le jury, que la question n’était pas pertinente, Théodore a insisté. 

«C’est une obligation de prêter serment à la reine, sinon c’est une trahison!» a-t-il lancé avant de demander l’exclusion des jurés. 

Au retour de ces derniers, il n’a pas semblé très content. 

«Je ne suis pas satisfait de cette cachotterie», a-t-il dit en leur présence. 

Le procès, prévu pour durer un peu plus d’un mois, se poursuit au palais de justice de Montréal.