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Elle évite de perdre 3000$ aux mains d’un fraudeur

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Illustration Adobe Stock

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Vous avez déniché le logement idéal, affiché à prix d’aubaine. Il faut faire vite...

Mais au premier contact avec le locateur, celui-ci vous demande de payer le premier mois de loyer avant de venir visiter, sous promesse d’être remboursé si vous vous désistez. Attention, c’est possiblement une fraude.

C’est la situation à laquelle a récemment été confrontée une amie à moi, à qui nous donnerons le prénom fictif de Mélanie. Celle-ci était à la recherche d’une maison à louer sur la Rive-Sud dans la région de Montréal.

Une maison de rêve

Plus tôt cet été, l’annonce rêvée s’est présentée comme sur un plateau d’argent : une belle grande maison à louer, bien située, et le loyer de 1500 $ par mois équivalait à la moitié de celui des autres maisons comparables. Une aubaine ! Mélanie s’est empressée d’appeler au numéro indiqué sur l’annonce.

L’homme qui lui répond affirme être le propriétaire de l’immeuble. Il accepte de lui faire visiter l’endroit, mais à une condition : Mélanie doit lui verser un acompte de deux mois de loyer avant cette première visite.

L’homme explique qu’il habite à Trois-Rivières et qu’il ne souhaite pas se déplacer pour rien, advenant que Mélanie décide tout simplement de se désister. Il ajoute qu’il lui est souvent arrivé de recevoir des demandes de visite sans que les gens se présentent, et qu’il exige désormais une preuve démontrant le sérieux des gens. Il se fait tout de même rassurant et lui promet que son transfert d’argent sera annulé si elle se désiste.

Des soupçons...

Comment a-t-elle déjoué le stratagème ? Suspicieuse, Mélanie décide de faire quelques vérifications.

D’abord, elle découvre qu’il est illégal au Québec, dans le cas d’une location résidentielle, d’exiger toute forme d’acompte ou de loyer payé en avance, excepté pour le premier mois. Désireuse d’investiguer plus loin, elle vérifie auprès du rôle d’évaluation foncière de la municipalité pour s’apercevoir que le propriétaire de la maison n’est pas l’homme à qui elle a parlé, mais une autre personne.

Ensuite, un autre indice vient s’ajouter : Mélanie hausse le loyer maximal dans ses paramètres de recherche et s’aperçoit que la même maison est offerte en location par l’entremise d’un courtier immobilier, au double du prix, soit 3000 $ par mois, avec les mêmes photos. Elle décide d’appeler le courtier, qui la conforte dans ses suspicions : l’homme derrière l’annonce à 1500 $ est probablement un fraudeur qui serait reparti avec son argent sans laisser de traces.

Pour en avoir le cœur net, Mélanie rappelle cet homme et lui dit qu’elle est intéressée par la maison, mais qu’elle refuse de lui verser un acompte de loyer puisque c’est illégal. L’homme insiste, et Mélanie lui fait remarquer que cette attitude s’apparente à des tactiques utilisées par plusieurs fraudeurs. L’homme raccroche. Le lendemain, elle tente de le rappeler, mais le numéro n’est plus en service et l’annonce à 1500 $ a disparu.

♦ Ghislain Larochelle est un professionnel inscrit à l’Ordre des ingénieurs du Québec ainsi qu’à l’OACIQ.

Conseils

♦ La fraude immobilière est un crime fréquent au Canada. Il y a eu 600 signalements au pays en 2018, sans parler des cas non signalés, probablement beaucoup plus nombreux.

♦ Ce type de fraude est également fréquent dans la location à court terme (Airbnb).

♦ Si une annonce est trop belle pour être vraie, c’est probablement le cas.

♦ N’envoyez jamais d’argent avant de signer un bail et avant d’avoir vérifié que le logement est réellement libre. Vous pouvez parler au locataire sortant, ou encore aux voisins.

♦ Le Registre foncier du Québec ou le rôle d’évaluation foncière permettent d’identifier le véritable propriétaire d’un immeuble.