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Le génie québécois se démarque du peloton

Les vélos de montagne électriques d’une entreprise de la Beauce font fureur

Raymond Dutil, PDG du fabricant de vélo de montagne Rocky Mountain.
Photo Diane Tremblay Raymond Dutil, PDG du fabricant de vélo de montagne Rocky Mountain.

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Quand on pense à Raymond Dutil, PDG du fabricant de vélo de montagne Rocky Mountain, la citation du célèbre hockeyeur Wayne Gretzky nous vient en tête : « Un bon joueur de hockey se dirige là où se trouve la rondelle, mais un excellent joueur ira plutôt là où la rondelle se trouvera. »

Voir loin en avant, c’est ce qui a fait le succès de cette entreprise de la Beauce qui rafle aujourd’hui les plus grands honneurs de l’industrie grâce à la vision et aux coups de dés de son PDG.

Le produit phare de Rocky Mountain : la gamme de vélos Altitude Powerplay. Des vélos de montagne à assistance électrique (eMTB). Un travail d’innovation, à Saint-Georges, qui a duré 10 ans, qui a requis 80 000 heures d’ingénierie et 10 millions de dollars d’investissements.

« On l’appelle le “smiley bike”, car les gens de tous les âges reviennent de leur promenade avec un gros sourire », dit Raymond Dutil.

« Notre système d’assistance, qu’on a breveté, nous différencie des autres. La tension que vous mettez sur la chaîne détermine l’assistance. Plus vous mettez de tension sur la chaîne, plus le vélo vous assiste. Ça se fait très doucement et c’est très intuitif. »

Vous avez deux heures devant vous pour faire du vélo de montagne ? À l’aide du Altitude Powerplay, qui vous donnera un coup de pouce lors des remontées, vous pourrez descendre la montagne huit fois, au lieu de la descendre seulement quatre fois avec un vélo « musculaire ».

L’Altitude Powerplay, qui avait été choisi grand gagnant du Eurobike Award en 2018, vient de remporter en juin le prestigieux titre de « VTT électrique de l’année en 2019 », du renommé magazine Vélo Vert.

Toujours regarder vers l’avant

Dans une industrie où la concurrence est féroce (notamment le géant américain Specialized et les fabricants de moteurs comme Bosh et Shimano), ce n’est pas toujours évident de savoir où va se trouver la rondelle. Mais Raymond Dutil a pris des risques, et ils ont payé.

« Mes chums disent que je suis un risqueur, un gambler. Ils me disent souvent que je suis têtu, mais quand je passe à travers, là ils me disent que je suis tenace ! », dit celui qui a vu son père fonder l’entreprise en 1977 à Saint-Georges avec d’autres associés.

Fraîchement sorti de l’université, Raymond Dutil a embarqué dans l’aventure et a appris « sur le tas ».

« Au début, on fabriquait des vélos pour les magasins à grande surface. Mais en 2009, on a décidé de concentrer nos efforts uniquement sur les marchands spécialisés et sur le haut de gamme. Puis l’an dernier, on est allés plus loin en décidant de vendre seulement les Rocky Mountain, nos vélos de montagne. C’est une question de focus. Quand tu vends dans le monde entier, tu dois focuser. »

Aujourd’hui, l’entreprise exporte ses vélos dans 40 pays, surtout en Europe. La prochaine étape ? Être la meilleure marque de vélo de montagne au monde.

« Je ne veux pas être le plus gros, je veux être le meilleur, dit le PDG. Je veux être plus Porsche que Toyota. »

Pour cela, Raymond Dutil continue de miser sur l’innovation. Il a maintenant deux directeurs de recherche et développement. Un à Vancouver (paradis du vélo de montagne) pour le côté mécanique, et un à Saint-Georges pour la propulsion.

« Quand nos ingénieurs ne sont pas dans leur bureau, ils sont sur un vélo. On investit beaucoup en recherche et développement, car on a beau être parmi les meilleurs, on ne restera pas les meilleurs si on ne continue pas à s’améliorer. »

Rocky Mountain

  • Employés : 150 (dont une centaine à Saint-Georges)
  • Siège social : Saint-Georges
  • Unique actionnaire : Raymond Dutil
  • Chiffre d’affaires : 70 M$