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Rapport du BEI: les victimes exigent une commission parlementaire

Rapport du BEI: les victimes exigent une commission parlementaire
GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

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MONTRÉAL – Les familles de victimes tuées à la suite d’interventions policières et plusieurs organismes ont demandé lundi au gouvernement provincial de mettre sur pied une commission parlementaire sur le bilan du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI).

Celui-ci se trouve entre les mains de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, qui dispose d'un mois pour le déposer à l’Assemblée nationale.

Ève-Marie Lacasse, coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés (LDL), demande à la ministre de mettre en place cette commission afin de rendre le rapport public et d'éviter de le tabletter, mais aussi pour faire entendre la version des victimes.

«Nous souhaitons entendre les familles des victimes affectées par ces tragédies. Cet exercice de bilan ne peut se faire derrière des portes closes», a-t-elle spécifié.

Dans un courriel, l’attachée de presse de la ministre de la Sécurité publique, Amélie Paquet, a indiqué au «24 Heures» que les commissions parlementaires sont souveraines et que c’est à la commission des institutions de se doter d’un tel mandat.

Témoignage

Le Montréalais Cesur Celik a expliqué lundi lors du point de presse avoir vu de ses propres yeux la mort de son fils Koray Kevin Celik, 28 ans, à L’Île-Bizard, après qu’une intervention policière ait mal tourné le 6 mars 2017. Quatre policiers étaient sur les lieux.

M. Celik n'est pas d'accord avec la façon dont le BEI a mené son enquête. «Sur les huit enquêteurs déployés [pour enquêter sur le décès], trois d’entre eux avaient travaillé au SPVM auparavant. Le BEI a complètement ignoré ce que nous avons vu de l’intervention policière, moi et mon épouse, dans le communiqué de son enquête», a-t-il souligné.

M. Celik a ajouté avoir reçu une lettre du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) concernant la mort de son fils.

Le document mentionnait que le jeune homme était agressif, ce qui est faux, selon M. Celik, qui prétend que son fils était intoxiqué, mais pas violent.

L'attachée de presse de la ministre Guilbault, Amélie Paquet, a indiqué que le BEI est déjà constitué d’enquêteurs ne provenant pas seulement du milieu policier.

Le rapport concerne les travaux des trois premières années du BEI, qui enquête sur les abus policiers. L'organisation ne peut déposer des accusations envers les policiers et remet ses conclusions au DPCP.