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Sols contaminés : le BIG s’inquiète de l’infiltration du crime organisé

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Le Bureau de l’inspecteur général (BIG) s’inquiète de l’infiltration du crime organisé dans l’élimination des sols contaminés de la Ville de Montréal.  

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Sur la plupart de ses chantiers, la Ville laisse la responsabilité de l’élimination des terres contaminées à l’entrepreneur en construction. Ce qui fait qu’elle «perd graduellement le contrôle de ses sols» plus les travaux avancent.    

Or, certaines compagnies au bout de la chaîne de décontamination des sols, celles de transport et d’élimination, auraient des liens de «financement» avec le crime organisé, souligne le rapport du BIG.    

Selon nos informations, une d’entre-elles aurait des liens avec les Hells Angels et la mafia montréalaise.    

«Le transport se prêterait bien au blanchiment d’argent, le déversement illégal de sols contaminés permettrait d’engranger des profits faramineux en évitant tous les coûts associés à leur élimination», note le BIG. 

   

  • Michel Forget, inspecteur général adjoint au BIG, était à l’émission Politiquement incorrect sur QUB radio:   

 

Davantage de contrôle  

Après une vaste enquête de deux ans, l’inspectrice générale de Montréal, Brigitte Bishop, conclut que la gestion des sols contaminés issus de chantiers de la Ville est «généralement rigoureuse».    

Par contre, après avoir découvert 18 dépôts non-contrôlés dans la région métropolitaine, le BIG estime que les risques de déversements illégaux sont bien réels.    

Pour réduire ces risques, le BIG recommande à la Ville de se doter de ses propres sites d’entreposage de sols faiblement contaminés et de conclure des ententes-cadres directement avec les compagnies responsables de l’élimination.    

La Ville aurait donc plus de contrôle tout au long du processus.    

«L’enquête démontre que le risque de déversement illégal est considérablement réduit lorsque l’entrepreneur n’est pas responsable de l’élimination des sols», indique l’inspectrice générale.    

Dans une déclaration écrite, une porte-parole de l’administration Plante, Laurence Houde-Roy, a indiqué qu’il s’agissait «d’excellentes pistes de solution» et que celles-ci seraient analysées.    

Tourner les coins ronds  

Par ailleurs, des entrepreneurs engagés par la Ville ont d’ailleurs essayé de profiter de la gestion des sols contaminés pour s’enrichir.    

Un entrepreneur, non identifié dans le rapport, a par exemple tenté de facturer plus d’argent à la Ville, en faisant passer des sols pour plus contaminés qu’ils ne l’étaient réellement.    

Pour ce faire, il a mélangé des sols de niveau de contamination différents.    

Un autre entrepreneur a tenté de faire passer de la terre contaminée issue d’un chantier de la Ville pour des sols non contaminés et les a ensuite déversés sur une terre agricole.    

L’entrepreneur a payé lui-même des experts pour contredire les analyses de la Ville, selon lesquels la terre était contaminée.    

Il s’est ensuite basé sur cette expertise plutôt que sur celle de la Ville, ce qui est contraire à son contrat.