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«Un monument du jazz montréalais qui part»

Johanne Blouin
Photo Johany Jutras Johanne Blouin

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Pendant sa longue et prolifique carrière, Vic Vogel aura profondément été attaché au Festival international de jazz de Montréal (FIJM).

Selon l’un des fondateurs du Festival, Alain Simard, Vogel a même offert pas moins de 50 prestations en 34 ans de présence au FIJM.

« C’est certainement lui qui en a fait le plus », dit-il au Journal. En 1992, le musicien avait reçu le prix Oscar-Peterson, de la part de l’organisation du FIJM. En 2015, le Festival lui avait remis le prix honorifique Miles-Davis.

« On était allé le lui remettre chez lui, sur son lit, parce qu’il était déjà gravement malade, dit Alain Simard. Pour le Festival, c’est un musicien important. C’est un monument du jazz montréalais qui part. Presque tous les musiciens sont passés dans son big band, qui était une grande école. Il laisse un héritage important. »

Le FIJM pourrait-il honorer la mémoire du jazzman en renommant un prix ou une salle à son nom ? « C’est sûr que c’est une possibilité, répond Alain Simard. Je ne peux rien vous annoncer pour l’instant. Mais le rôle que Vic a joué dans le festival, c’est certain qu’il faudra trouver une façon de le souligner. »

Un ami d’enfance

De son côté, la chanteuse Johanne Blouin connaissait Vic Vogel depuis qu’elle était enfant. « C’était un ami de mes parents, dit-elle. Il aimait bien ma mère, qui était une chanteuse de jazz. Il venait chez nous avec des musiciens le dimanche après-midi. Je chantais Air Mail Special, d’Ella Fitzgerald, quand j’avais quatre ans ! Ça date de vraiment loin. »

En 2004, Johanne Blouin avait enregistré l’album Until I Met You, avec Vogel et son big band. « Il avait refusé toutes les chanteuses avant moi. En fait, c’est ma mère qui avait pris le téléphone et il avait accepté après ça. (rires) »

« C’est une grande perte pour le monde du jazz, poursuit la chanteuse. On va se souvenir de sa musique, de la fougue qui l’animait. Il avait tout un caractère, Vic ! »

La perte d’un géant

Sur les réseaux sociaux, les témoignages ont aussi été nombreux. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a écrit que « Montréal et tout l’univers du jazz viennent de perdre un géant. Vic Vogel a marqué l’histoire de la musique et l’imaginaire d’innombrables mélomanes grâce à ses talents et sa passion inégalables ».