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Appels automatisés: Scheer rejette le blâme sur l’entreprise

Appels automatisés: Scheer rejette le blâme sur l’entreprise
Photo Agence QMI, Joel Lemay

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Le chef conservateur Andrew Scheer s’est dissocié, mardi, d’une entreprise qui n’a pas suivi les règles en faisant des appels automatisés au Québec pour le compte du Parti conservateur.

 Notre Bureau d’enquête rapportait, le matin même, qu’une firme de sondages par téléphone a contacté des électeurs de la Rive-Sud de Montréal sans mentionner la formation politique fédérale qui la contractait. Une telle omission contrevient aux règles fédérales et les troupes conservatrices s’exposent ainsi à de lourdes amendes.

«Ma compréhension est que c’est un contrat avec une compagnie locale qui n’a pas suivi les règles», a dit Andrew Scheer lorsqu’appelé à commenter cet écart de conduite au cours d’un arrêt de campagne à Winnipeg, au Manitoba.

«On prend la chose au sérieux et on va s’assurer que ce contrat ne continue pas», a-t-il ajouté.

L’entreprise fautive, CH Analytique, a recueilli les informations de 5000 personnes, le 29 août dernier, en faisant des appels robotisés. Elle était mandatée par l’équipe de la candidate conservatrice dans La Prairie, Isabelle Lapointe.

Une plainte a été déposée au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qui supervise l’application des règles fédérales au chapitre des appels automatisés. Théoriquement, les pénalités pourraient s'élever jusqu’à un maximum de 75 millions $ pour les troupes d'Andrew Scheer, si on sévit pour chacun de 5000 appels robotisés. Or, plusieurs experts s’entendent pour dire qu’il serait étonnant que l’amende atteigne un aussi gros montant.

Le néo-démocrate Matthew Dubé estime que le chef conservateur aurait dû prendre une part de responsabilité, mardi, pour l’erreur qui a été commise.

«Il n’y a rien de pire pour moi que de blâmer des adjoints, des stagiaires ou un tiers parti dans ce cas-ci, pour des fautes qui sont commises», a commenté le député de Beloeil-Chambly.

«Je vais donner le bénéfice du doute [...], mais au bout du compte, c’est la responsabilité du Parti conservateur et de la campagne en question de faire ces vérifications-là, et, dans le cas où une erreur est commise, de l’assumer et de s’excuser», a-t-il ajouté.

Rappelons que le Parti conservateur du Canada a été éclaboussé, en 2011, par une affaire d’appels robotisés visant à envoyer les électeurs voter dans le mauvais bureau de scrutin.

«C’est inquiétant à cause des antécédents chez les conservateurs. Leur réputation les précède», croit M. Dubé

Avec Hugo Joncas, Bureau d'enquête