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Frédérick Gaudreau est le choix du gouvernement

Mais les caquistes auront besoin des libéraux pour nommer le dirigeant de l’UPAC

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Le gouvernement Legault mise sur Frédérick Gaudreau pour diriger l’UPAC, mais sa nomination n’est pas gagnée d’avance. Le Parti québécois et Québec solidaire s’opposent à la candidature de ce policier de carrière.

Ancien haut gradé de la Sûreté du Québec, Frédérick Gaudreau occupe le poste de commissaire à la lutte contre la corruption par intérim depuis la démission surprise de Robert Lafrenière, le jour des élections provinciales.

Pour la toute première fois, le patron de l’escouade sera nommé par l’Assemblée nationale, par un vote aux deux tiers des députés. La Coalition avenir Québec doit donc obtenir l’appui d’au moins un parti d’opposition pour que son candidat soit sacré nouveau patron de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Les péquistes et les solidaires ont déjà fait savoir qu’ils souhaitaient un civil pour occuper ce poste stratégique à la tête d’une organisation au cœur de la tourmente. La CAQ est désormais à la merci des élus libéraux.

Les péquistes estiment que le prochain commissaire ne doit pas venir du milieu policier pour pouvoir faire le ménage requis à l’UPAC.

Déception

Même discours du côté des solidaires.

« Nous sommes déçus que le gouvernement n’ait pas retenu notre proposition de privilégier la candidature d’un civil pour prendre la tête de l’UPAC, ce qui aurait permis de renverser la vapeur et de régler la crise de confiance qui frappe nos institutions policières », a fait valoir Alexandre Leduc.

Selon nos informations, le gouvernement Legault a longtemps cherché à nommer un civil pour souligner sa volonté de repartir sur de nouvelles bases.

Mais il fallait trouver un candidat au fait à la fois des enquêtes policières et du système judiciaire. Il fallait également un gestionnaire à la réputation sans tache et qui compte une certaine expérience en lutte anticorruption. Aucun candidat civil ne répondait à tous ces critères, nous dit-on.

Apprécié de ses collègues

Selon plusieurs sources, Frédérick Gaudreau a retenu l’attention du comité de sélection, car il aurait réussi à rétablir un climat de travail harmonieux à l’UPAC.

Il présente aussi une feuille de route professionnelle exemplaire.

Rappelons qu’au cours de la dernière année, l’UPAC a beaucoup plus fait parler d’elle pour les frasques alléguées de ses anciens dirigeants que pour ses coups de filet.

Par ailleurs, la ministre Geneviève Guilbault est demeurée inflexible mardi quant à la participation des députés indépendants au processus de sélection du futur commissaire.

Guy Ouellette et Catherine Fournier voulaient avoir leur mot à dire dans le choix du prochain patron de l’UPAC.

QUI EST-IL ?

Frédérick Gaudreau lors de la comparution de l’UPAC et de la SQ en commission parlementaire, en février dernier, à Québec.
Photo d’archives, Simon Clark
Frédérick Gaudreau lors de la comparution de l’UPAC et de la SQ en commission parlementaire, en février dernier, à Québec.
  • Titulaire d’un baccalauréat en sécurité publique de l’Université du Québec à Trois-Rivières.
  • Engagé comme patrouilleur à la Sûreté du Québec en 1997.
  • Il a ensuite gravité autour des domaines du renseignement criminel et de la cybercriminalité.
  • Il obtient le grade de capitaine et se joint au Service des enquêtes sur la criminalité contre l’État.
  • Après un bref passage à l’Autorité des marchés financiers, il rejoint les rangs de l’UPAC en juin 2018 comme directeur des enquêtes.
  • Le 30 octobre 2018, il est nommé commissaire à la lutte contre la corruption par intérim, en remplacement de Robert Lafrenière.

Un corps policier qui a vite besoin d’un bon chef

Jean Charest a été premier ministre du Québec de 2003 à 2012.
Photo d’archives
Jean Charest a été premier ministre du Québec de 2003 à 2012.

Depuis le début de 2019, l’organisation policière n’a publié qu’un seul communiqué de presse pour annoncer des arrestations.

C’était le 23 janvier dernier, alors qu’elle a mis la main au collet d’Alain Prud’Homme, ancien directeur de l’École des métiers de la construction de Montréal. Lui et trois présumés allégués sont soupçonnés d’avoir participé à un stratagème de fraude et d’abus de confiance.

Pour trouver la trace d’une autre arrestation, il faut remonter à septembre 2018, il y a un an. L’UPAC avait alors arrêté un ancien dirigeant du Centre multifonctionnel Francine-Gadbois, à Boucherville.

Pendant ce temps, de nombreux observateurs se sont demandé ce qu’il advenait de certaines enquêtes, comme Mâchurer, qui s’intéresse au financement du PLQ à l’ère de Jean Charest.

Plus de 300 témoins ont été rencontrés depuis le début de cette enquête amorcée en 2014, mais on ignore si elle connaîtra un dénouement.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.