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On ne peut recréer le passé

anciens joueurs de la LNH
Photo Chantal Poirier Stéphane Richer (ici avec son ancien coéquipier Patrice Brisebois) a jeté un pavé dans la mare la semaine dernière en affirmant que la direction du Canadien empêchait les communications entre les anciens et les jeunes joueurs de l’organisation.

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Salutations, chers lecteurs ! Je suis très enthousiaste à l’idée d’amorcer ma sixième saison comme chroniqueur au Journal. La saison de hockey a pris son élan avec le tournoi de golf annuel des Canadiens et mon ancien coéquipier, Stéphane Richer, y a volé la vedette avec ses commentaires percutants.

Toujours franc, Stéphane a abordé quelques sujets intéressants, lesquels, pris dans leur ensemble, illustrent à quel point le monde du hockey a changé, que ce soit la présence des anciens du Canadien, la culture de l’équipe, l’attitude des jeunes, leurs connaissances de l’histoire et les relations avec les médias.

Non, ce n’est plus comme avant et ça ne sera jamais comme avant. Je peux toutefois vous confirmer que l’organisation du Canadien traite ses anciens comme aucune autre équipe dans la LNH. Nous sommes toujours bienvenus au Centre Bell, et si je veux aller voir un match, je passe un coup de fil à Réjean Houle qui se fera un plaisir de me donner deux billets.

Le salon des anciens est toujours ouvert et je peux même aller faire un tour dans le vestiaire avec mon invité dans les bonnes circonstances. On a peu de contacts avec les joueurs actuels, mais rien ne nous empêche de leur parler. L’idée de Stéphane d’avoir un joueur « confident » n’est pas mauvaise.

Les tournées de balle-molle

Le responsable des communications Paul Wilson aimerait organiser six soupers avec les anciens et les joueurs actuels. C’est bien, mais ça n’égalera pas nos anciennes tournées estivales de balle-molle. C’est ainsi que j’ai commencé à côtoyer des anciens joueurs comme Guy Lafleur, Réjean Houle et Shayne Corson.

Je leur posais plein de questions sur leur époque. Ça créait des liens et c’était enrichissant, mais allez donc organiser une tournée de balle, aujourd’hui. Les joueurs sont répartis un peu partout sur la planète et ils arrivent à Montréal à la fin août. Il y avait plus de Québécois à l’époque et on aimerait en avoir plus, mais ce ne sera jamais comme jadis.

Victor Mete ne savait pas qui était Stéphane Richer, mais la majorité des joueurs ne connaissent que ceux de la génération précédente et quelques vieilles légendes. Certains joueurs sont de vrais passionnés et peuvent vous dire quelle couleur de lacets ou de ruban gommé utilisait tel joueur, mais la plupart sont juste heureux de jouer au hockey dans la LNH, de faire leur travail et de gérer leurs millions. C’est la réalité d’aujourd’hui !

Prudence dans les commentaires

Certains joueurs ne se gênent pas pour passer un message dans les médias et j’étais l’un de ceux-là. Je ne me suis toutefois jamais senti contrôlé par l’équipe, juste guidé. Écoutez ! Les joueurs ne sont pas des idiots. Ils savent que jouer à Montréal, ce n’est pas comme jouer en Floride, ou même à Boston. Ici, le moindre écart prend des proportions démesurées dans les médias. Les joueurs en sont conscients et sont plus prudents dans leurs commentaires. La plupart d’entre eux ne veulent pas se retrouver dans la marmite.

L’objectif, les séries

Les joueurs peuvent dire ce qu’ils veulent et ce fut toujours le cas, mais à l’époque de Scotty Bowman, j’aurais mal vu un joueur avouer que l’objectif était de participer aux séries éliminatoires. Aujourd’hui, à 31 formations, c’est la norme pour la grande majorité des équipes. Vaut mieux s’y faire que de vivre dans le passé.

On a beau être nostalgique, on ne reverra plus de dynastie comme dans les années 1970 et 1980, à Montréal ou ailleurs. Au mieux, une équipe gagnera deux ou trois coupes en quelques années comme l’ont fait Chicago, Pittsburgh et Los Angeles.

– Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

Ça commence maintenant

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Photo Martin Chevalier

Les expériences au camp d’entraînement c’est bien beau, mais à mon avis, le plus important c’est la préparation de l’équipe. C’est tellement difficile de participer aux séries éliminatoires aujourd’hui que l’équipe doit être rodée dès le jour 1 de la saison régulière. Le jeu de puissance est particulièrement important, surtout après ses déboires de l’an dernier. Cet aspect est beaucoup une question de confiance et c’est dès maintenant qu’il faut se préparer. De plus, Shea Weber est présent cette année. Les équipes de Michel Therrien avaient l’habitude de connaître de bons débuts de saison, justement en raison d’un camp axé sur la préparation et non les expériences.

Les jeunes

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Photo Agence QMI, Dominick Gravel

On accorde beaucoup d’attention aux recrues pendant les camps d’entraînement. Ryan Poehling et Nick Suzuki seront sous la loupe, mais je m’intéresse davantage à des jeunes joueurs comme Jesperi Kotkaniemi, Artturi Lehkonen et Victor Mete. Je veux les voir passer à un niveau supérieur. Je m’attends aussi à beaucoup de Jonathan Drouin cette année. S’ils peuvent connaître un bon camp, ça va les aider en début de saison.

Préparer Price et Kinkaid

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Photo Martin Chevalier

Encore une fois, les succès des Canadiens reposeront en grande partie sur Carey Price. J’ai aimé son commentaire disant qu’il voulait gagner maintenant. Je ne suis pas inquiet pour lui. J’espère seulement qu’il va reprendre là où il a laissé l’an dernier, en souhaitant un meilleur début de saison de sa part. Pour y arriver, il doit donc jouer quelques matchs complets au camp d’entraînement, pas juste un match et demi et prendre sa forme en cours de route. On sait que Keith Kinkaid le secondera et lui aussi, il doit être prêt. Plus on verra Price et Kinkaid en matchs préparatoires, mieux ce sera. Je m’attends à voir Price jouer environ 60 matchs cette saison, s’il reste en santé, bien sûr. Tu ne veux pas que ton meilleur joueur passe 30 matchs sur le banc. Cayden Primeau et Charlie Lindgren sont étiquetés comme des éléments du Rocket de Laval.