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Bordeaux n’est pas insalubre, selon une directrice

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La prison de Bordeaux n’est pas un lieu de violence extrême infesté de vermine avec un manque d’eau potable, a assuré mercredi une responsable de l’établissement, en réponse à un détenu qui se plaignait de ses conditions de détention.

« Il y a parfois des actes de violence, mais de là à dire que c’est extrêmement violent... Nous avons aussi un exterminateur qui vient au minimum une fois par semaine », a affirmé la directrice des services de la prison, Carmen Landry, mercredi au palais de justice de Montréal.

Elle donnait ainsi la réplique à André Michel Boyer, un détenu coupable de l’homicide involontaire et de l’outrage au cadavre de son partenaire d’affaires Domenico Iacono, en octobre 2015.

Dispute fatale

À cette époque, l’homme de 60 ans souhaitait acheter un terrain à Laval, par l’entremise de M. Iacono. Or, après avoir signé une promesse d’achat, Boyer s’est rendu compte qu’il n’avait pas les fonds nécessaires. Fâché, M. Iacono avait réclamé une commission de 100 000 $.

Une rencontre a eu lieu chez Boyer, mais elle a vite mal tourné quand M. Iacono a foncé sur son hôte avec un tournevis. Celui-ci a répliqué en lui assénant 32 coups de couteau, avant de cacher le corps dans la voiture de la victime et de quitter le pays.

Boyer s’est finalement rendu à la police en janvier 2016, mais depuis, sa détention préventive est difficile, a-t-il assuré, en demandant qu’elle soit comptabilisée en « temps double ».

Dure détention

« Je mange mal, je dors mal, je fais de la paranoïa, tu ne sais jamais ce qui peut arriver. [...] Je dois m’acheter des bouteilles d’eau. L’eau du robinet, ça pétille comme du 7 Up », avait-il dit à la cour lors d’une audience l’été passé.

Sauf que son secteur est moins violent que les autres, a assuré une des directrices de la prison. Aucun problème d’eau potable n’a été répertorié dans les dernières années et si Boyer n’a pas accès à un psychiatre, c’est qu’il ne l’a jamais demandé, a-t-elle ajouté.

« Monsieur se plaint de beaucoup de choses, mais comme il ne croit pas au système de plainte, il n’en a pas fait », a plaidé la procureure de la Couronne Anne-Andrée Charette, en demandant une peine de 11 ans de pénitencier.

L’avocate de la défense Annie Émond a de son côté suggéré six ans d’incarcération, en rappelant que malgré les mots rassurants de la directrice, plusieurs problèmes étaient bien présents.

La juge Lyne Décarie rendra sa sentence la semaine prochaine.