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En Russie, une mobilisation en faveur des manifestants emprisonnés prend de l’ampleur

 En Russie, une mobilisation en faveur des manifestants emprisonnés prend de l’ampleur
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Moscou | Un mouvement de solidarité en faveur des manifestants récemment emprisonnés prenait de l’ampleur mercredi en Russie, avec le soutien d’acteurs, de professeurs et même de membres de l’Église orthodoxe.   

Depuis début septembre, les tribunaux russes ont condamné six hommes à des peines allant de deux à quatre ans de prison pour des «violences» contre la police commises lors des manifestations en faveur d’élections libres cet été, ou pour leur participation «répétée» à des actions non autorisées.  

Le dernier jugement en date, celui par lequel Pavel Oustinov, un acteur de 23 ans a été condamné à trois ans et demi de prison, a provoqué la mobilisation de dizaines de personnalités du monde de la culture, un univers qui reste habituellement en Russie à l’écart des questions politiques.  

Pavel Oustinov clame son innocence et assure qu’il ne participait même pas à la manifestation non autorisée au cours de laquelle il a été arrêté cet été, mais qu’il attendait simplement un ami devant une station de métro.  

Mercredi, plus d’un millier de personnes dont plusieurs acteurs célèbres se sont succédé une à une à un piquet de manifestation, la seule forme de protestation en Russie qui ne nécessite pas d’autorisation préalable.  

«Cela concerne tout le monde», a lancé l’actrice Alexandra Bortitch, tandis que le metteur en scène Dmitri Sobolev appelait à ce que «Pavel et les autres condamnés à tort soient libérés».  

Plusieurs autres manifestants portaient des pancartes arborant le slogan «Je suis/Nous sommes le pays entier», en référence au mouvement de soutien qui avait permis la libération en juin du journaliste Ivan Golounov, injustement accusé de trafic de drogue.  

Interrogé sur le dossier, le Kremlin s’est borné mercredi à suggérer d’attendre le résultat de l’appel déposé par l’avocat de Pavel Oustinov.  

 

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«Injustice flagrante»

Fait rarissime, une lettre ouverte appelant à la libération de Pavel Oustinov et des autres manifestants condamnés, publiée mardi soir sur un journal religieux en ligne, a déjà été signée par plus de 90 prêtres de l’Église orthodoxe, pourtant réputée proche du pouvoir.  

«Il est de notre devoir d’exprimer la conviction que les peines de prison infligées à plusieurs personnes dans cette affaire doivent être révisées», indique cette lettre ouverte, qui dénonce une«cruauté sans précédent».  

Une autre lettre ouverte signée par près de 800 professeurs a de son côté dénoncé «l’illégalité flagrante» des condamnations et demandé des poursuites contre les responsables.  

Le réalisateur russe Andreï Zviaguintsev («Leviathan») a pour sa part appelé dans une vidéo le président Vladimir Poutine à libérer M. Oustinov.  

Plus de 70 personnalités étrangères dont des politiciens, des écrivains ou encore les créateurs de la série à succès Game of Thrones ont condamné dans une lettre ouverte la «répression politique» en Russie.  

Une pétition sur le site internet Change.org réclamant la libération de Pavel Oustinov a recueilli plus de 116 000 signatures en un peu plus de 24 heures.  

 

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Un haut responsable du parti au pouvoir Russie unie, Andreï Tourtchak, a lui aussi qualifié la condamnation du jeune acteur d’«injustice flagrante».  

Les soutiens de Pavel Oustinov s’insurgent notamment du fait que la justice ait refusé d’examiner une vidéo prouvant selon eux l’innocence du jeune acteur.  

Ces images, diffusées sur les réseaux sociaux et dans les médias, montrent des membres de la police antiémeute, casqués, se jetant sur Pavel Oustinov alors qu’il se tient debout, un téléphone à la main, parmi d’autres passants. Le jeune homme a un geste de recul avant de tomber et d’être frappé à coups de matraque par les policiers.  

De mi-juillet à fin août, des manifestations quasi hebdomadaires ont secoué Moscou après l’interdiction faite à de nombreux candidats d’opposition de se présenter aux élections locales.  

La majorité des manifestations n’étaient pas autorisées et se sont soldées par environ 2700 interpellations. Si la plupart des personnes arrêtées ont été rapidement libérées, une quinzaine ont été maintenues en détention, dont cinq ont à ce jour été condamnées pour «violences».