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«Je veux que vous agissiez»: Greta Thunberg interpelle le Congrès américain sur le climat

«Je veux que vous agissiez»: Greta Thunberg interpelle le Congrès américain sur le climat
AFP

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 Washington | «Je veux que vous agissiez»: en peu de mots, la jeune égérie de la lutte pour le climat Greta Thunberg a appelé mercredi le Congrès américain à s’unir derrière les scientifiques qui alertent sur l’extrême urgence à se mobiliser contre le réchauffement. 

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Visage poupin, mais regard ultra-déterminé, la petite adolescente a pris place devant des parlementaires démocrates et républicains en jean et espadrilles, avec trois autres jeunes défenseurs de l’environnement. 

«Je ne suis pas venue pour faire des déclarations préparées», a lâché cette Suédoise de 16 ans. 

À la place, elle a apporté le rapport pressant du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) qui alerte sur les mesures urgentes à prendre pour contenir, à temps, le réchauffement climatique.  

«Je veux que vous écoutiez les scientifiques. Et je veux que vous vous unissiez derrière la science», a-t-elle déclaré avant d’ajouter, sans appel : «Et ensuite, je veux que vous agissiez réellement». 

Expliquant plus tard qu’elle avait rencontré des habitants dont les quartiers entiers avaient été détruits par des catastrophes naturelles «accentuées par la crise climatique», elle a averti: «Cela ne fera qu’empirer si nous repoussons notre action».  

«Il ne s’agit pas de visions politiques ou de mes opinions, mais de science», a déclaré la jeune fille qui a le syndrome d’Asperger, une forme d’autisme.  

Avec elle, trois autres jeunes militants contre le changement climatique ont aussi fait de sombres discours, passionnés, lors de cette audition à la Chambre des représentants sur la «crise climatique internationale»: Jamie Margolin, Vic Barrett et Benji Backer.  

Se décrivant comme un conservateur, ce dernier s’est adressé directement au climatosceptique Donald Trump, qui a retiré les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat: «M. Trump: la science sur le climat est fondée, ce n’est pas un canular». 

«Ma génération s’en fiche de la politique autour du changement climatique. Nous voulons juste (...) des réponses réalistes», a lancé Benji Backer.  

Dans un contraste frappant, le président américain a annoncé peu après qu’il révoquait le pouvoir de la Californie de fixer ses propres normes de pollution automobile, plus contraignantes que dans le reste du pays, poursuivant son action contre les régulations censées protéger l’environnement.  

«Une planète qui s’écroule»

Saluant tous l’engagement des jeunes militants venus témoigner, les élus républicains et démocrates de la chambre basse ont toutefois clairement exposé leurs différences sur la question.  

S’il s’est dit d’«accord sur la nécessité d’agir de manière tranchée», Garret Graves, numéro deux de la commission sur la crise climatique, a ainsi affirmé que les États-Unis avaient «été en pointe face au reste du monde» sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre, à l’inverse d’autres pays plus pollueurs, en montrant du doigt la Chine. «Nous devons nous assurer que nous avançons de façon rationnelle».  

«Vous nous promettez des mensonges», a lancé la jeune Jamie Margolin à tous les élus. «La vérité c’est que ma génération a hérité d’une planète qui s’écroule».  

Le rapport du Giec cité par Greta Thunberg avertissait en 2018 que pour contenir le réchauffement climatique, les émissions de CO2 devaient chuter bien avant 2030 (-45% d’ici 2030) et le monde atteindre une neutralité carbone en 2050.  

Arrivée à New York le 28 août après une traversée de l’Atlantique à bord d’un voilier zéro émission carbone, la Suédoise multiplie depuis les rencontres et événements pour défendre sa cause, en évitant toujours de se mettre en avant.  

À Washington depuis la semaine dernière, elle reste, en général, silencieuse pour laisser la parole à d’autres jeunes: une manifestation devant les grilles de la Maison-Blanche, une conférence de presse avec des leaders indigènes d’Amérique du Sud, ou encore plus tard mercredi, avec des enfants qui poursuivent le gouvernement des États-Unis pour son inaction.  

Après avoir eu les honneurs d’une rencontre avec Barack Obama, et la remise du prix d’«ambassadrice de conscience» de l’ONG Amnesty International, Greta Thunberg se rendra à New York pour le défilé géant prévu le 20 septembre, censé faire pression sur les dirigeants du monde entier qui participeront au sommet sur le climat de l’ONU le 23 septembre.