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L’expertise des professeurs bientôt reconnue légalement

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge
Photo d'archives, Simon Clark Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

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Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, veut légalement reconnaître l’expertise des enseignants en incluant cette notion dans le projet de loi sur la gouvernance scolaire qui sera déposé sous peu.

Ce projet de loi vise d’abord à abolir les élections scolaires, ce qui mènera à la transformation des commissions scolaires en centres de services. Or M. Roberge prévoit revoir la gouvernance scolaire de manière plus large afin de «clarifier» et «redéfinir les rôles et responsabilités de chacun», y compris les enseignants, a-t-il indiqué lors d’un entretien avec Le Journal.

«Dans la notion de la gouvernance, on va vouloir profiter de l’ouverture de la Loi sur l’instruction publique pour reconnaître l’expertise des enseignants», a-t-il affirmé.

Cette reconnaissance d’un «statut d’expert» et de «l’autonomie professionnelle» des enseignants est un élément important du Plan de valorisation de la profession enseignante présenté par M. Roberge en 2018, alors qu’il était dans l’opposition.

«Les enseignant(e)s seront reconnus comme les principaux responsables du choix des approches pédagogiques, du matériel et des outils d’évaluation qu’ils utilisent dans leur classe en fonction des besoins des élèves qui leur sont confiés. Leur jugement professionnel sera reconnu et personne ne pourra donc «gonfler» unilatéralement les notes des élèves. Nous allons enfin reconnaître par la voie législative le statut d’expert de l’enseignant(e)», peut-on lire dans ce document.

Ce statut d’expert est lié à l’obligation de suivre des formations tout au long de sa carrière, puisque «l’expertise des enseignants leur vient en grande partie de la formation continue qu’ils suivent», a indiqué le ministre mardi.

Règlement sur les autorisations d’enseigner

Par ailleurs, le nouveau règlement sur les autorisations d’enseigner entrera en vigueur à partir du 1er octobre, a indiqué M. Roberge.

Les modifications au règlement permettent d’élargir l’accès à la profession enseignante. Il sera plus facile d’obtenir l’autorisation d’enseigner pour des profs qui ont été formés à l’extérieur du Québec ou encore pour des détenteurs d’un baccalauréat disciplinaire (en histoire, mathématique ou sciences par exemple).

Les éducatrices en service de garde qui ont un diplôme collégial pourront par ailleurs enseigner dans des classes de maternelle à condition d’être inscrites au baccalauréat en enseignement et d’avoir complété au moins trois cours de cette formation universitaire.

Cette avenue a été dénoncée au cours des dernières semaines, plusieurs craignant un nivellement par le bas. Le ministre Roberge s’en défend. «Ce n’est pas une passe gratuite, il ne faut pas penser que ça va vider des garderies pour combler des centaines de postes dans les écoles», a-t-il ajouté.