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Nathalie Simard et la guerre des kilos

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« Je suis maintenant bien à l’extérieur comme à l’intérieur. »

C’est ce que clame Nathalie Simard à la une du magazine La semaine du 13 septembre. Sur la photo, elle est rayonnante, métamorphosée : elle a perdu 55 livres. Pouvez-vous croire que des esprits tordus ont reproché à Nathalie Simard... d’être grossophobe (d’haïr les gros) ? Le monde est vraiment viré à l’envers.

NIMPORTEQUOIPHOBE

Je ne comprends plus mon époque. Quand une artiste en surpoids se montre nue en disant qu’elle s’accepte comme elle est, elle est applaudie par des ex-ministres, des vedettes de la télé et des chroniqueurs. Mais quand une artiste en surpoids se prend en main et retrouve la santé, elle se fait traiter de toxique, de dangereuse, avec un « discours problématique ».

Sur le site www.grossophobie.ca, Nathalie Simard se fait varloper, car elle a osé associer minceur et santé. Quel crime de lèse-majesté ! Pourquoi je vous parle de ce site, à qui je fais une publicité gratuite ?

Parce que la Gazette des femmes, la publication du Conseil du statut de la femme, nous encourageait au mois d’août à nous rendre sur ce site : « Une nouvelle plateforme à découvrir de toute urgence. » (Faut le faire, un magazine féministe qui nous encourage à consulter un site où une femme démonise une autre femme...)

Et je vous en parle aussi parce que des femmes journalistes ont relayé les accusations de grossophobie.ca à l’encontre de Nathalie Simard sans jamais les remettre en question.

Dans son entrevue au magazine La semaine, Nathalie Simard se met pourtant « à nu » avec candeur et humilité.

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« Mon excès de poids s’explique en partie par les abus dont j’ai été victime dans le passé, a-t-elle confié à Nathalie Slight. Inconsciemment, j’accumulais les livres en trop pour ne pas être désirable. » Cette phrase-là m’est allée droit au cœur : les séquelles des abus sexuels de Guy Cloutier, qui l’a violée quand elle n’était qu’une enfant, sont encore inscrites dans sa chair...

Elle raconte avoir changé son alimentation, fait du sport puis avoir eu recours à la chirurgie bariatrique pour perdre son poids excédentaire.

Mais selon moi, la phrase la plus importante de toute cette entrevue est la suivante : « Je répète depuis des années que j’accepte mes rondeurs, que l’important, c’est d’être bien dans ma peau, etc. Mais on va se dire les vraies affaires : avoir un surplus de poids, c’est plate. Tu as moins d’énergie, tu te déplaces moins facilement, sans compter que l’obésité occasionne des problèmes de santé. »

Et voilà ce qui, selon moi, a tant déplu : comment Nathalie Simard ose-t-elle dire tout haut que ce n’est pas vrai qu’elle était « bien dans sa peau » quand elle était en surpoids ? Dans une société qui prêche « l’acceptation de soi », elle fait bande à part et ça dérange.

SES PLUS GRANDS SUCCÈS

Nathalie Simard lance ces jours-ci une compilation de ses 40 ans de carrière. Elle a réenregistré la chanson de La guerre des tuques, L’amour a pris son temps.

J’aimerais en changer les paroles : « Nathalie revient de guerre, le cœur en bandoulière, Il faisait froid, au loin, là-bas

Nathalie revient de guerre, La tête de travers, Mais le cœur à l’endroit ».

Maintenant, est-ce que les mauvaises langues peuvent laisser Nathalie Simard tranquille ?