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Ugo Fredette aurait reçu sept décharges de Taser

Il aurait tenté de faire écran aux policiers en empoignant un enfant de 6 ans

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SAINT-JÉRÔME | « Fuck, tire-moi, tue-moi », aurait lancé Ugo Fredette aux policiers de l’Ontario qui tentaient de l’arrêter, alors qu’il tenait un enfant de 6 ans par le cou devant lui.  

« Il était très perturbé et l’enfant très effrayé. Il avait les yeux grand ouverts », a témoigné le constable Michael Danielson ce matin, au palais de justice de Saint-Jérôme.     

L’agent de la police provinciale de l’Ontario (PPO) a raconté au jury les détails de la poursuite policière ayant mené à l’arrestation d’Ugo Fredette, le 15 septembre 2017.     

L’agent Michael Danielson, sur la photo en compagnie du procureur Steve Baribeau, a témoigné mercredi.
Photo Le Journal de Montréal, Martin Alarie
L’agent Michael Danielson, sur la photo en compagnie du procureur Steve Baribeau, a témoigné mercredi.

L’homme de 43 ans subit actuellement son procès pour les meurtres prémédités de sa conjointe Véronique Barbe et d’Yvon Lacasse, un aîné dont il a volé le véhicule pour prendre la fuite avec un enfant de 6 ans.     

Une alerte Amber avait alors été déclenchée.     

Les deux homicides auraient été commis le 14 septembre 2017, respectivement dans une résidence de Saint-Eustache et à une halte routière de Lachute.     

Cavale de 24 heures   

Après une cavale de près de 24 heures l’ayant mené dans plusieurs villes du nord-ouest du Québec, des Laurentides à l’Abitibi en passant par l’Outaouais, Ugo Fredette a été repéré par les forces de l’ordre dans l’est de Ontario.

C’est dans la cour de cette résidence de la route 132, en Ontario, qu’Ugo Fredette a été arrêté.
Photo courtoisie de la cour
C’est dans la cour de cette résidence de la route 132, en Ontario, qu’Ugo Fredette a été arrêté.

Un automobiliste ayant reconnu le véhicule volé, dont la description avait été diffusée dans le cadre de l’alerte Amber, a donné aux autorités des informations précises sur l’emplacement du suspect.     

Une poursuite policière d’une durée d’environ 45 minutes s’est donc enclenchée.     

Une vidéo d’une partie de cette fuite a été captée par un hélicoptère assistant les patrouilleurs au sol.     

Tapis à clous   

Ces images ont été montrées au jury, ce matin, au palais de justice de Saint-Jérôme.     

Pour mettre fin à la poursuite, les patrouilleurs de la PPO ont déployé un tapis à clous à l’intersection des autoroutes 41 et 132.     

Le véhicule conduit par Ugo Fredette a roulé sur le dispositif et a dévié dans la voie inverse, pour terminer sa course dans le gazon devant une résidence.     

Il a roulé encore un peu jusque dans un boisé, où il a quitté le Honda CRV avec l’enfant.     

Plusieurs patrouilleurs de la PPO se sont rapidement dirigés vers la scène.     

Muni de sa carabine, l’agent Michael Danielson s’est rendu à l’arrière de la résidence avec sa partenaire.     

Le policier comptant 19 ans d’expérience a aperçu Fredette et l’enfant au loin, à l’orée du bois.     

« Il tient l’enfant par l’arrière du cou avec sa main gauche. Dans sa main droite, il a un bâton et il le bouge de haut en bas vers l’enfant », a-t-il décrit.

 Le bâton que Fredette avait dans la main à l’arrivée des patrouilleurs de la police provinciale de l’Ontario.
Photo courtoisie de la cour
 Le bâton que Fredette avait dans la main à l’arrivée des patrouilleurs de la police provinciale de l’Ontario.

Le constable Danielson a alors pointé son arme en direction du suspect, tout en lui criant de lâcher le bâton et de se coucher au sol.     

Non seulement Fredette n’aurait pas obéit, mais il aurait hurlé au policier en anglais : « Fuck, tire-moi, tue-moi ».     

« Taser gun »   

Le suspect se serait ensuite rapproché des patrouilleurs, si bien que l’agent Danielson a pu déployer son arme à impulsion électrique.     

Il a donné un choc à Fredette, d’une durée de 19 secondes, et ce dernier s’est effondré au sol.     

Le suspect se serait toutefois relevé malgré les ordres du policier l’intimant à rester au sol.     

L’agent Danielson a donc utilisé son arme à impulsion électrique une seconde fois, ce qui a permis à sa partenaire d’agripper l’enfant pour l’éloigner.     

Fredette aurait toutefois continué à résister à son arrestation, si bien que le « Taser Gun » a été utilisé à sept reprises, a précisé le policier en contre-interrogatoire.     

D’autres patrouilleurs arrivés en renfort ont finalement réussi à menotter le suspect.     

« Après, je suis allé parler à l’enfant. Je lui ai dit que je ne pointais pas mon arme vers lui et que tout serait ok. Il était toujours très effrayé », a relaté l’agent Danielson.     

Trois autres policiers de la PPO témoigneront cet-après-midi.     

Le procès présidé par la juge de la Cour supérieure Myriam Lachance doit durer deux mois, au palais de justice de Saint-Jérôme.     

La Couronne est représentée par Mes Steve Baribeau, Karine Dalphond et Alexis Marcotte-Bélanger, tandis que Me Louis-Alexandre Martin représente l’accusé.