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Un ex-maire était un mauvais patron, mais pas un criminel

L’ancien politicien accusé d’abus de confiance a présenté cette défense mercredi

GEN - PROC�S DE JEAN-CLAUDE GINGRAS
Photo d'archives, Martin Alarie L’ex-maire de L’Assomption Jean-Claude Gingras lors de son passage au palais de justice de Joliette, le 3 septembre dernier.

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JOLIETTE | L’ancien maire de L’Assomption Jean-Claude Gingras n’était pas nécessairement doué dans la gestion de personnel, mais il n’aurait pas commis d’actes criminels dans le cadre de ses fonctions, a plaidé la défense, mercredi.

« Ce n’est pas un concours de popularité parce que M. Gingras ne passe pas le test, mais les différents témoignages vont démontrer qu’il n’a rien fait de criminel de par son comportement et son attitude », a affirmé d’entrée de jeu Me Robert Bellefeuille, l’avocat de Gingras, lors de la première journée des témoignages de la défense au palais de justice de Joliette.

Gingras a plaidé non coupable aux accusations d’abus de confiance, d’entrave à la justice et d’intimidation à l’égard d’une personne associée au système judiciaire pour des faits qui seraient survenus entre le 3 novembre 2013 et le 13 mai 2015.

La Couronne a fait valoir au début du procès devant jury que Gingras aurait notamment fait suivre la greffière de cette ville de Lanaudière et suspendu le directeur général, après en avoir fait une promesse électorale, ce qui constitue un abus de confiance, selon elle.

Richard Prénovost, qui était conseiller municipal indépendant élu en même temps que Gingras, le 3 novembre 2013, a défendu mercredi le renvoi du DG par une décision unanime du conseil municipal.

Un tour de table

« Le maire avait fait “un tour de table” au restaurant avec tous les conseillers municipaux pour connaître notre opinion à l’endroit du directeur général Martin Lelièvre, a raconté M. Prénovost. Et on est tous arrivés à la conclusion qu’on devait le suspendre avec solde. »

Durant toute la journée de mercredi, la défense a tenté de démontrer que l’ex-maire n’avait peut-être pas les compétences pour gérer une ville, mais que ses décisions étaient basées sur ce qu’il considérait comme des injustices commises par l’administration précédente.

André Gendron, un arpenteur-géomètre de 77 ans qui a un bureau à L’Assomption, a dit que le maire Gingras lui avait enfin donné une chance d’avoir un contrat municipal.

Toujours les mêmes

« C’était toujours des compétiteurs de Repentigny qui avaient les contrats à la Ville, a raconté celui qui a déjà soumissionné à 200 $ sur un contrat d’une valeur de 2000 $, pour vaincre un compétiteur voisin, en vain. Le maire m’a dit qu’il favorisait l’achat local. »

Même son de cloche du côté de Mario Brière, un avocat de L’Assomption qui représentait Gingras, alors propriétaire d’un chenil, dans un litige contre la Ville avant son élection. M. Brière n’avait pas obtenu de mandat avec la mairesse qui a précédé Gingras.

« Il m’a dit que la Ville pourrait me donner certains mandats », a mentionné l’avocat qui s’était désisté de la cause de Gingras pour éviter les apparences de conflit d’intérêts.

► Le procès se poursuit jeudi à Joliette. Jean-Claude Gingras devrait témoigner d’ici la fin de la semaine.