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Une taxe insuffisante pour éloigner les acheteurs étrangers

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La taxe anti-spéculation proposée par Justin Trudeau pour contrer l’explosion des prix en immobilier ne parviendra pas à repousser les riches investisseurs étrangers, croient des experts.

À Vancouver et Toronto, l'achat de condos et de demeures par de riches investisseurs étrangers a depuis longtemps fait grimper en flèche le prix de l'immobilier. Montréal est elle aussi ciblée. C'est pourquoi les libéraux fédéraux promettent la création d'une nouvelle taxe annuelle de 1 % « sur les logements inoccupés et la spéculation immobilière », calquée sur celle mise en place en Colombie-Britannique, pour éloigner les acheteurs étrangers, pour la plupart chinois.

Les taxes mises en place à Vancouver et Toronto ont eu pour effet de freiner ou même de réduire le prix des propriétés. Mais elles ont aussi poussé nombre d’investisseurs vers Montréal, où les Chinois ont pour la première fois dépassé les Français et les Américains l’an dernier parmi les acheteurs de l’étranger.

S’il voit d’un bon œil la mise sur pied d’une taxe qui pourrait rapporter minimalement 1 milliard $ au fisc, le professeur d’urbanisme Andy Yan de l’Université Simon Fraser doute grandement de son efficacité à repousser les investisseurs étrangers.

De la « petite monnaie »

« C’est comme un frais d’admission à un club privé, c’est de la petite monnaie pour ces gens-là et ce n’est pas cela qui va leur faire quitter le Canada », dit cet expert de la question.

« Cette taxe sera probablement plus efficace que des taxes locales ou provinciales », croit quant à lui Georges Gaucher, directeur général et courtier pour Royal LePage Village, à Montréal. Il exprime lui aussi certains doutes sur l’efficacité de la taxe proposée. « Quand on achète dans les millions $, payer 10 000 $ de plus, c’est rien. Ça ne fera probablement pas de différence à l’échelle nationale », tranche-t-il.