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Couche-Tard a 7 milliards $ pour acheter des dépanneurs

La multinationale québécoise se dit prête à effectuer de nouvelles acquisitions un peu partout sur la planète

Le président du conseil d’administration, Alain Bouchard, était présent lors de l’assemblée annuelle des actionnaires du détaillant hier à Laval.
Photo Chantal Poirier Le président du conseil d’administration, Alain Bouchard, était présent lors de l’assemblée annuelle des actionnaires du détaillant hier à Laval.

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Alimentation Couche-Tard veut repartir à la chasse aux acquisitions. Le détaillant de Laval dit maintenant disposer de 7 milliards $ en facilité de crédit pour acheter de nouvelles chaînes de dépanneurs.

«On regarde au Canada, aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Europe et en Asie», a indiqué au Journal le cofondateur de Couche-Tard et président du conseil d’administration, Alain Bouchard, en marge de l’assemblée des actionnaires, mercredi, à Laval.

Couche-Tard dit détenir plus d’un milliard $ US en liquidités dans ses coffres et 6 G$ US en facilité de crédit.

Ces dernières années, Couche-Tard a déplié tout près de 6 G$ US pour acquérir les chaînes de dépanneurs CST Brands et Holiday aux États-Unis.

Le président du conseil d’administration, Alain Bouchard, était présent lors de l’assemblée annuelle des actionnaires du détaillant hier à Laval.
Photo courtoisie

L’entreprise, qui détient plus de 16 000 dépanneurs dans 27 pays, s’est fixé comme objectif de doubler ses revenus et ses profits d’ici 2023.

L’an dernier, Couche-Tard a vu ses revenus atteindre les 59 G$ US, alors que les profits ont dépassé 1,8 G$.

Selon M. Bouchard, Couche-Tard continuera à faire des acquisitions stratégiques au cours des prochaines années «au bon moment et aux bons prix», a-t-il tenu à préciser, aux côtés du président et chef de la direction du détaillant, Brian Hannasch, et du chef de la direction financière, Claude Tessier.

Le géant québécois des dépanneurs, reconnu par les analystes pour sa discipline à contrôler ses coûts, aurait aimé mettre la main récemment sur la chaîne américaine Cumberland Farms de 570 dépanneurs vendue au détaillant britannique EG Group.

Une acquisition qui aurait pu être intéressante, selon Alain Bouchard. «On était intéressé, mais les multiples étaient trop élevés», a-t-il laissé entendre.

Croissance interne

D’ici quatre ans, la moitié des nouveaux revenus proviendront des acquisitions, alors que la croissance interne fera le reste.

La direction de Couche-Tard dit avoir identifié 23 initiatives dans ses dépanneurs pour dégager plus de 25 milliards $US de revenus supplémentaires d’ici 2023.

Avec de nouveaux produits alimentaires dans ses dépanneurs, Couche-Tard pourrait ainsi dégager de meilleures marges bénéficiaires et augmenter considérablement ses revenus, croit l’analyste de Desjardins Marchés des capitaux, Keith Howlett.

Couche-Tard dit vouloir d’ailleurs renforcir son image à l’échelle mondiale auprès des millénariaux et de la génération Z, des gens «très loyaux aux marques», selon M. Bouchard.

D’ici là, Couche-Tard a débuté le déploiement au Canada de sa plateforme numérique Lift offrant des offres personnalisées aux consommateurs.

Le détaillant teste également au Texas un projet pilote de livraison à domicile.

Hier, l’action de l’entreprise a terminé la séance à 81,07 $ à la Bourse de Toronto, en hausse de 10 cents.

Le Québec inc. se porte bien

Alain Bouchard croit que les entreprises québécoises tirent bien leur épingle du jeu actuellement au Canada, mais également un peu partout sur la planète. L’homme d’affaires croit que de nombreuses entreprises québécoises décident volontairement de ne pas se lancer en bourse, alors que les options alternatives de financement sont nombreuses.

«Il y a beaucoup de contraintes lorsqu’on est une compagnie publique. Je comprends les entreprises qui n’ont pas d’appétit pour devenir publiques», a-t-il dit.

Cannabis : déçu pour le Québec

Voulant devenir un acteur incontournable du secteur du cannabis en Amérique du Nord, Couche-Tard devra toutefois développer son expertise à l’extérieur du Québec, alors que le gouvernement a refusé de faire de la place au secteur privé en sol québécois. Récemment, Couche-Tard a investi dans le détaillant albertain Fire & Flower.

«On est déçu. On est en train de développer notre expertise en dehors du Québec. Cette expertise va se développer ailleurs et, quand on va être prêt à déployer sur les États-Unis, ça va partir de Toronto ou de Calgary. C’est là que l’on va créer de la valeur», a fait savoir M. Bouchard.

Payer sans passer par la caisse

Couche-Tard dit plancher sur plusieurs projets visant à faciliter le paiement pour ses clients dans ses magasins. Un projet pilote est en cours dans des dépanneurs en Arizona.

«On est en train de faire des tests. Les clients pourront entrer dans un magasin, prendre les produits dans un panier, payer avec leur téléphone et sortir sans intervention humaine», a indiqué M. Bouchard, précisant que le bon vieux caissier sera toujours présent dans les dépanneurs de la chaîne, notamment pour surveiller les ventes aux mineurs de produits de tabac et d’alcool.